Journée de mobilisation du PAD : « Le régime instrumentalise la justice et les services de sécurité »

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Les participants à la journée de mobilisation organisée, aujourd’hui à Alger, par les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD) dénoncent la répression et les atteintes aux libertés. Ils condamnent aussi l’instrumentalisation, par le régime en place, des appareils de la justice et des services de sécurité pour serrer encore davantage l’étau sur la société.

« La répression féroce n’épargne désormais aucune catégorie de la société : les avocats, les journalistes, les partis politiques, les chômeurs et les femmes », alerte l’avocat Me Mostapha Bouchachi, qui a donné une conférence sur la situation de droit de l’homme.

Citant une panoplie des atteintes aux acquis démocratiques, il affirme que la répression prend des proportions graves ». « Le régime a dépassé la ligne rouge. Les deux appareils, en l’occurrence la justice et les services de sécurité, sont mis à son service et non pas pour appliquer la loi. Ce sont pourtant des institutions de l’Etat. On est dans un véritable danger », lance-t-il.

Selon lui, les manifestants, les militants, les avocats et les journalistes arrêtés « n’ont commis aucun crime ou délit ». « Souvent, pour justifier leur arrestation, les policiers vont chercher dans leurs téléphones portables et dans leur e-mails des preuves pour les condamner. Ces agents de sécurité sont contraints de recourir à cette pratique. Les magistrats aussi sont soumis à des pressions pour les faire condamner ou les placer en détention », regrette-t-il, affirmant que « ces pratiques tuent toute la conscience chez les juges ».

Intervenant sur la thématique concernant « le multipartisme, les libertés d’expression et la liberté de la presse », le sociologue Nacer Djabi fait un constat similaire. Rappelant les restrictions sur la liberté de réunion, il précise que « dans les faits, le régime n’a jamais reconnu les partis politiques, même s’il a accepté le multipartisme dans les textes ». Comparant la situation d’aujourd’hui à celle de la période 1962-1963, il souligne qu’il y a un risque de « connaître, à l’avenir, un degré plus élevé de répression ». Pour lui, «cette situation est liée à la crise politique ».

« Plus grave encore, il n’y a même pas un centre de décision connu sur lequel on peut compter pour régler cette crise. Cette désorientation du système influe aussi sur la presse qui est complètement verrouillée », ajoute-t-il.

Les Algériens, dit-il, « ne doivent pas payer les frais de la crise interne au système ». « L’objectif principal aujourd’hui est de sauvegarder le caractère pacifique et national du Hirak pour déjouer toutes les tentatives de division et de stigmatisation d’une région», conseille-t-il.

Faisant la situation sur les libertés syndicales, Kaddour Chouicha estime « qu’on ne peut parler de libertés syndicales dans un pays qui ne respecte les droits de l’homme ». Il insiste, dans ce sens, que les syndicats qui refusent de se soumettre « sont automatiquement interdits d’agrément ». La rencontre a connu une forte participation. Outre les responsables des partis, différents acteurs politiques et associatifs ont pris part à ce rendez-vous.

Massinissa Ikhlef

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