Anouar Benmalek sur l’affaire de Yacine Mebarki : « La liberté de conscience est un droit, pas une faveur »

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L’écrivain algérien, Anouar Benmalek s’exprime longuement sur l’affaire de l’activiste, Yacine Mebarki, condamné à 10 ans de prison par le tribunal de Khenchela. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, à la veille du procès en appel de ce jeune qui s’est déroulé aujourd’hui, l’auteur du roman marquant « Le rapt » s’est montré outré par une telle condamnation et appelle à briser le silence.

« Il ne faut pas être complice, par notre silence, de l’invraisemblable sentence de mort lente prononcée contre un concitoyen innocent de tout crime. Il faut, pour notre honneur et l’honneur de l’Algérie, que M. Mebarki soit libéré. La liberté de conscience est un droit, pas une faveur », lance-t-il.

Dans son texte, l’écrivain rappelle d’emblée la condamnation à 10 de prison ferme de ce jeune pour « incitation à l’athéisme » et « offense à l’islam ». « On croit nager en plein cauchemar : dans un pays dont la constitution reconnaît explicitement le droit à la liberté de conviction religieuse, un procureur a pu requérir huit ans de prison pour le crime de penser et de croire librement, et un juge, estimant que cela ne suffisait pas, ajouter deux ans et dix millions de dinars d’amende pour faire bonne mesure ! », condamne-t-il.

Et de s’exclamer : «Dix ans ! ». Anouar Benmalek semble ne pas encore réaliser qu’une telle sentence soit prononcée contre un citoyen qui n’a fait qu’exercer son droit constitutionnel relatif à la liberté de conscience.

«Résumons : M. Mebarki, qui se dit ‘’musulman laïque’’, n’a tué ni volé quiconque, il n’a ni détourné de l’argent public ni soudoyé de hauts personnages de l’État, si cupides et si corruptibles par ailleurs si l’on en juge par le défilé incessant devant les tribunaux des malfaiteurs des gouvernements précédents. Certes, M. Mebarki a été un courageux militant de la première heure du Hirak, ce qui a certainement joué un rôle officieux déterminant dans son impitoyable procès, mais il n’en reste pas moins que, dans l’Algérie indépendante de 2020, presque soixante ans après l’indépendance, on peut condamner le plus officiellement du monde quelqu’un à dix ans d’emprisonnement pour le simple crime de penser et d’agir librement en matière religieuse », explique-t-il.

Poursuivant, l’auteur déplore surtout le silence des hautes autorités face à cette problématique. « Dix ans ! Et le président actuel n’est pas intervenu, et le Premier ministre en exercice n’est pas intervenu, et le ministre de la Justice n’est pas intervenu… Ni, de même, le président du Sénat ni celui de l’Assemblée nationale… Ni, évidemment, les chefs des nombreux partis parasites plus occupés à grignoter ce qui reste de la richesse nationale qu’à défendre le droit à la liberté de conscience d’un compatriote innocent… », dénonce-t-il.
L’écrivant déplore également le fait « que cela se passe dans l’Algérie de Didouche Mourad et de Larbi Ben Mhidi, pas dans l’Afghanistan barbare des talibans ou dans l’Arabie saoudite cruelle des dépeceurs d’opposants ».

« Il est vrai que là-bas, pareil « crime » de liberté de pensée aurait valu à ses auteurs tortures et décapitations. Mais est-ce de cette Algérie bigote, digne de l’Inquisition médiévale et profondément injuste, dont rêvaient les combattants de la guerre d’indépendance ? L’Algérie officielle serait-elle tombée aussi bas ? Toutes les garanties contenues dans les textes de loi algériens et les conventions internationales signées par l’Algérie en matière de liberté de conscience ne compteraient donc pour rien ? », demande-t-il.

Massinissa Ikhlef

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