Après le pouvoir : les islamistes sont aussi mis hors-jeu

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

 

Les résultats du scrutin référendaire sur la révision de la constitution confirment aussi une autre donnée politique importante. Outre la disqualification du régime et ses satellites, les islamistes sont aussi mis hors-jeu.

Ayant adhéré à la démarche des tenants du pouvoir de réviser la loi fondamentale du pays, avant d’appeler à voter contre le projet, les partis islamistes ont reçu un sérieux revers. Leur poids dans la société est insignifiant, contrairement à ce qu’ils faisaient croire des années durant.

En effet, les chiffres communiqués, aujourd’hui, par le président de l’Autorité indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, devra leur clouer définitivement le bec. Ils n’ont réussi à convaincre que 1,6 millions de votants, soit 33, 20% des suffrages exprimés. Cela prouve, encore une fois, que cette mouvance des frères musulmans en Algérie est en déphasage avec la société, qui a boudé à la majorité écrasante la joute politique du pouvoir.

Pourtant ils ont tenté de jouer sur des thématiques qui divisent, en tentant de convaincre que le projet est « « laïc ». En effet, les chefs des partis du MSP, du FJD, d’Ennahda et des organisations de la même obédience ont lancé une virulente campagne pour s’en prendre tantôt au statut de la langue Amazigh et tantôt à « l’éloignement de l’école de tout idéologie ».

Mais leur discours ne porte visiblement pas auprès de la société. Leurs calculs ont été complètement faussés. Ils viennent, en effet, de s’autodétruire, après avoir tenté, des années durant, de faire croire qu’ils sont majoritaires dans la société. Les Algériens ne les ont pas suivis, comme le confirme ce taux d’abstention de 76%, selon les chiffres officiels. Cependant, ils n’ont pas froid aux yeux.

C’est le cas du président du MSP, Abderrazak Makri qui est le premier à réagir. Il revendique, sans honte, ce fort taux d’abstention. « Le faible taux de participation et le taux de rejet de la Constitution, sous diverses formes d’expression, lui on fait perdre sa crédibilité et sa légitimité politique et populaire, malgré les moyens colossaux officiels consacrés pour faire passer le projet», écrit-il sur sa page Facebook, immédiatement après la proclamation des résultats.

Le chef de file du MSP, estime ainsi que «le front des partisans du rejet a été uni et large, et a dépassé les 85% », appelant de ce fait, à « œuvrer ensemble pour un changement politique, pacifique et effectif, nonobstant les divergences ». Drôle de lecture des messages des Algériens qui ont mis pourtant le pouvoir et les islamistes dans le même sac.

Pour Abderrazak Makri, de « de tels résultats confirmaient l’échec des projets du pouvoir et son incapacité à parvenir à un consensus national sur la constitution, telle qu’elle a été annoncée, d’une manière à protéger le pays les risques réels qui le menacent ».

Massinissa Ikhlef

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :