Cosmologiste et astrophysicienne : Nabila Aghanim, directrice de recherche au CNRS

 

 

Le 6 novembre dernier, la prestigieuse revue scientifique « The Astronomy & Astrophysics » publiait la découverte d’une équipe de chercheurs en astrophysique du CNRS/Université Paris-Saclay, qui après des années de labeur a réussi, pour la première fois, à débusquer la matière cachée de l’univers.
Cette découverte exceptionnelle est l’œuvre d’un groupe de recherche mené par une jeune chercheuse algérienne : Nabila Aghanim, astrophysicienne et cosmologiste spécialiste de l’interprétation du rayonnement fossile.

Aujourd’hui directrice de recherche au CNRS, Nabila Aghanim qui est née et a vécu en Algérie jusqu’à l’âge de 22 ans, raconte comment elle est devenue chercheure ? « Je pense que ça a été déclenché par un remplacement de notre maîtresse à la petite école. Cette remplaçante plutôt que de nous donner un cours classique a pris un livre et nous a lu un passage qui correspondait aux différentes théories expliquant la formation du système terre-lune. Et c’est là que j’ai eu cette « révélation », à savoir qu’on pouvait finalement expliquer avec des modèles construits par l’esprit des choses qu’on voyait, des choses aussi simples que la terre et la lune. Ca m’a tout de suite fascinée et interpelée et je me suis dit que j’avais envie de comprendre comment les choses étaient formées et pourquoi les choses étaient telles qu’on les voyait ».

Dans une vidéo publiée sur le site du CNRS, la jeune femme d’origine kabyle poursuit qu’ « étant jeune, à chaque fois que nous allions dans notre village en Kabylie, je contemplais le ciel et là, je me suis rendue compte qu’il y a un catalyseur fantastique et fabuleux. J’étais fascinée ».

Nabila Aghanim qui a évolué dans « une famille moyenne, pas particulièrement intellectuelle » raconte que ses parents ont toujours eu pour but de lui donner à elle et à ses quatre frères et sœurs, « toutes les chances possibles pour réussir dans la vie, avec un très grand respect pour le savoir et la connaissance et ils nous ont communiqué cet amour pour le savoir et la lecture et c’est ce qui nous a donné cette envie de faire des études ».

Après avoir décroché sa maîtrise, elle voulait poursuivre son cursus en s’orientant vers la recherche. Ne pouvant le faire en Algérie, elle envoie un dossier de candidature pour un DEA en France ou elle est acceptée. Nabila Aghanim quitte alors l’Algérie pour vivre son rêve : celui de se consacrer entièrement à la recherche.

En 1996, elle soutient une thèse intitulée « Contribution à l’étude des anisotropies secondaires du fond de rayonnement cosmologique » à l’université Paris-Diderot. Malheureusement, la vie estudiantine n’est pas de tout repos et elle se lasse vite « des queues à la préfecture de police pour obtenir sa carte de séjour, l’accueil pas toujours agréable voire même des fois insultant des personnels de ces instances administratives et beaucoup de sympathie des gens autour qui ne comprenaient pas que ça puisse être aussi difficile quand on est étudiant, qu’on veut apprendre, continuer à faire des choses et que finalement on veut faire avancer la recherche dans un pays d’être mal accueilli, en tout cas, administrativement parlant ».

Elle décide donc de postuler à l’université de Berkeley aux Etats-Unis, où elle obtient un contrat post-doctoral. Mais elle se voit refuser le droit de séjour pour la durée pour laquelle elle était sensée rester, c’est-à-dire 2 ans et on ne lui accorde que 6 mois.

Pour la jeune chercheure, c’est une nouvelle désillusion. Elle passe en parallèle des concours au niveau du CNRS où elle est recrutée.

Pleinement épanouie dans son domaine, la chercheuse algérienne a effectué plusieurs séjours de recherche notamment à l’université d’Oxford ou à l’Observatoire de Tokyo. Lauréate en 2005 de la médaille de bronze du CNRS, Nabila Aghanim devient directrice de recherche en 2010.

En 2017, elle reçoit la médaille d’argent du CNRS. Elle est également lauréate d’une bourse ERC Advanced Grant sur la caractérisation des baryons dans la toile cosmique.

Chercheuse du CNRS à l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Saclay), Nabila Aghanim est coordinatrice d’un groupe de travail sur le satellite Planck.

Kahina A.

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