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Décès de Jean-Marie Boeglin Militant anticolonialiste et ami de Boudia

 

Militant anticolonialiste durant la guerre de libération nationale et grand homme de théâtre qui, aux côtés de Mohamed Boudia et Mustapha Kateb, a vécu un bout d’aventure sur les planches du Théâtre national algérien, Jean-Marie Boeglin est décédé mardi 24 novembre en France, à l’âge de 92 ans.

Né en en 1928 à Châlons-en Champagne d’un père cheminot et d’une mère femme de ménage, il s’engage à seulement 15 ans dans la Résistance contre l’occupation allemande. A la fin de la guerre, parallèlement à ses activités militantes, il se découvre une passion pour le théâtre. Il s’inscrit aux cours Dullin et fonde ensuite une compagnie de théâtre amateur, baptisée « Les tréteaux du terroir ».

En 1951, il rencontre Mohamed Boudia lors d’un stage international, une grande amitié va naître entre les deux hommes.
Lorsqu’éclate la guerre d’Algérie, Boeglin est, bien évidemment, pour l’indépendance de l’Algérie et c’est la mort sous d’atroces tortures d’un jeune étudiant algérien grenoblois qui va le pousser à la révolte et l’amener à rallier les rangs du FLN.

Tout en continuant son travail au Théâtre de la Cité à Villeurbanne à Lyon dont il est l’un des créateurs et à l’école où il est instructeur en art dramatique, il organise des réseaux de soutien aux combattants algériens.

Recherché par la police française, il fuit à l’étranger. Jugé par contumace, il est condamné à 10 ans de prison. Réfugié d’abord en Italie puis en Allemagne, il gagne ensuite le Maroc où il créé une société de films appelée « Nedjma », hommage et clin d’œil à son ami Kateb Yacine.

Au lendemain de l’indépendance, il gagne Alger. Avec Mustapha Kateb et Mohamed Boudia il vivra l’aventure de la création du Théâtre national algérien.

Il monte plusieurs spectacles dont Le Foehn, adaptation de l’œuvre de Mouloud Mammeri, sera le premier à être joué en français sur les planches du TNA mais aussi L’Exception et la Règle de son ami Berthold Brecht. Jean-Marie Boeglin quitte l’Algérie en 1968 et poursuit sa carrière de dramaturge en France jusqu’à son départ en retraite en 1988. Son fils Bruno qui lui a emboité le pas, est lui aussi dramaturge.

Kahina A.

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