Descendez du piédestal de l’arrogance ! Le gros de la pandémie vient de vous.

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Le coronavirus continue sa razzia partout dans le monde. En Algérie, la barre des 700 cas est pour la première fois sautée pour frôler les 800. Et rien ne dit que nous n’allons pas atteindre des nombres à quatre chiffres sous peu. Le virus s’est installé dans tous les foyers mais l’indifférence aussi. Pourtant les appels à la vigilance et les alertes ne manquent pas. Où se situe la faille alors?

Sans trop s’engluer dans l’analyse du cas, on peut aisément expliquer ce déphasage grandissant entre cette réalité dangereuse et cette posture citoyenne insoucieuse. L’origine de la faille vient essentiellement de la faillite d’une communication institutionnelle qui fait plus dans le bavardage médiatique que dans la consistance et la complémentarité des messages livrés.

Il serait malsain, de notre part, de dire que le ministère de la santé et le comité scientifique n’ont rien dit sur le danger réel qui guette les citoyens dans le cas où ces derniers persistent à tourner le dos aux mesures préventives dictées par la communauté scientifique. Mais il est aussi primordial de souligner que ces appels, pourtant sérieux, se muent tragiquement en speechs douteux dans l’oreille du citoyen lambda.

Disons-le tout de suite ! La raison de l’irrecevabilité du message des autorités sanitaires tient de la manipulation politique immodérée de la pandémie et son instrumentalisation par le pouvoir qui croyait, avant la gifle populaire du 1er novembre, pouvoir mettre à profit la trêve unilatéralement décrétée par le Hirak, pour imposer un fait accompli et se redéployer politiquement sur la scène perdue.

Alors que les réunions et les activités politiques, voire organiques, des partis d’opposition sont interdites sous prétexte du risque de propagation du coronavirus, que des manifestants pacifiques sont réprimés sous le mot d’ordre de lutte contre les foyers de contamination et que des activistes sont sanctionnés et condamnés par des tribunaux sous les chefs d’inculpation de non-respect des mesures sanitaires et mise en danger sanitaire d’autrui, les ministres du gouvernement, les chefs de partis-maison et les personnalités nationales acquises aux thèses du pouvoir sont autorisés à tenir des meetings populaires dans des salles remplies sans le moindre respect de la distanciation sociale ni port de bavette. On a vu à la télé, et en boucle, comment un SG du FLN embrasser des enfants à Tlemcen sans aucun souci pour leur santé, et le voir quelques temps après écourter son discours à Blida et annuler son meeting à Alger pour raison de santé. Est-il atteint de covid-19 ? Peu importe, prions pour les enfants de Tlemcen !

Tarder à reconnaitre l’atteinte du chef de l’État par le coronavirus est acte pédagogique et un forfait de communication très mauvais, médiocre et aux conséquences très graves sur le comportement des citoyens. En agissant ainsi, ils donnent le mauvais signal que l’atteinte par coronavirus est un mal honteux qui ne se dit pas. Or, les autorités sanitaires tentent tant bien que mal à sensibiliser les citoyens sur la normalité de la pandémie. Qui croire et quoi prendre pour repère ?

Cette dichotomie qui a caractérisé la communication officielle sur la pandémie est pour beaucoup dans le doute qui s’est installé dans la masse populaire. L’échec de la politique d’instrumentalisation de la pandémie devrait ramener le pouvoir à corriger sa copie et revoir sa communication pour pouvoir espérer un écho salvateur pour tous. Continuer à essuyer le couteau sur le seul dos du citoyen est un acte improductif. La voie du retour à la raison doit être tracée, et tout de suite, par un acte de repentance public et sincère. Commencer par reconnaitre avoir mis la nation en danger en organisant une campagne périlleuse pour une imposture politique ne tuera personne et remettra, à coup sûr, une couche de crédibilité à la voix des autorités sanitaires. Le renouvellement urgent du personnel médiocre qui gère la communication sanitaire est primordial pour donner une autre couleur à la campagne de sensibilisation.

La nation est au bord d’un précipice sanitaire qui requiert des sacrifices. Celui de votre arrogance, Messieurs du pouvoir, en premier.

Moussa T.

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