Les minimas d’une transition démocratique sont universels

 

Il n’y a aucun doute qu’il est largement malintentionné de qualifier la feuille de route du pouvoir de fait accompli de transition démocratique.

Les observateurs avertis de la scène politique algérienne sont unanimes à constater qu’il s’agit de la reproduction du système dans tous ses aspects et surtout d’une consolidation du pouvoir absolu du commandement militaire.
Le simulacre électoral du 12 décembre 2019 en est la preuve irréfutable.

Les réactions provoquées par la sortie du président francais Emmanuel Macron sont motivées par cette façon de considérer une dictature militaire affichée et assumée comme une transition démocratique.

À mon sens, ces réactions légitimes et justes ne répondent pas à la logique du nationalisme hypocrite si cher au régime algérien ou à une quelconque conception des thèses de l’ingérence au sens péjoratif du terme.

Les politiques de l’opposition proche du hirak ont réagi pour mettre à nu les allégations de Macron qui semble en déphasage total avec la réalité politique algérienne et qui donne l’impression de quelqu’un qui ne comprend pas ou qui ne veut pas comprendre le sens d’une transition démocratique quand il s’agit d’une ancienne colonie.

Et pourtant, il est clair comme de l’eau de roche que pour passer d’un système totalitaire à une démocratie, il y a des mécanismes universels à mettre en place et à suivre.

Revendiqués par le hirak et explicités et traduits politiquement par la société civile et les partis politiques de l’opposition, ces mécanismes de transition sont universellement reconnus dans leur contenu. Leur différence d’un pays à un autre ne peut être que dans les supports utilisés pour les mettre en place.

Vulgarisés essentiellement dans la plate-forme des forces du PAD, ce processus de passage de la dictature à la démocratie passe, dans le cas de l’Algérie, par la libération de tous les détenus d’opinion et l’annulation de toutes les poursuites judiciaires contre les militants politiques et autres activistes.
Voici un préalable que M. Macron semble ignorer ou occulter.

Comme il est aussi tout à fait évident qu’une transition sérieuse exige la dissolution de toutes les institutions illégitimes et ne peut être effective qu’après la mise en place consensuelle d’un processus constituant souverain dont l’objectif est de déconstruire les fondements de l’autoritarisme politique et de construire les fondations d’une république démocratique et sociale où toutes les libertés seront garanties.

Peut-on vivre et présider aux destinées du pays de la déclaration universelle des droits de l’homme, où le droit légitime de caricaturer des prophètes est assuré, et faire semblant d’ignorer les atteintes flagrantes à la liberté d’expression et à la liberté tout court chez le voisin d’en face juste parce qu’il est un pays du sud où vivent des « indigènes »?

Avancés par ceux qui conçoivent l’excerce politique uniquement dans son sens immoral et machiavélique, l’argument géostratégique traduit le complexe du colonisé que certains refusent de dépasser.

Le respect des droits de l’homme est valable dans toutes les contrées du monde et surtout mérité par tous les peuples.

La révolution pacifique des Algériens a démontré que le civisme n’est l’apanage d’aucune communauté, aussi développée soit-elle, et que les peuples du sud peuvent comprendre le sens d’une transition mieux qu’un président censé connaître sur le bout des doigts les fondements d’un système démocratique.

Moussa Nait Amara

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :