Libertés de conscience et d’opinion: la LADDH dénonce des textes de lois « truffés de contradictions et d’amalgames »

 

La condamnation, aujourd’hui, de Yacine Mebarki à un an de prison ferme, rappelle celle de Slimane Bouhafs, il y a quelques années.Ce sont les libertés de consciences et d’opinion qui sont, une nouvelle fois ,appelées à la barre.

Cela n’est possible, selon la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), qu’en raison des contradictions et des amalgames des textes de lois et de la pratique judiciaire.

En effet, Yacine Mebarki, le militant amazigh des Aurès,et de Slimane Bouhafs, le chrétien de Sétif, ont été condamnés pour « offense à l’islam », en vertu de l’article 144 bis 2 du code pénal.

«Nous avons plaidé depuis des années pour l’amendementde cet article pour éviter toute interprétation abusive et attenter à chaque fois aux libertés de conscience, d’opinion, de culte et de liberté religieuse.Ce sont toutes des libertés fondamentales », rappelle Saïd Salhi,vice-président de la LADDH, dans un communiqué, posté aujourd’hui sur sa page Facebook.

La LADDH, réitère « son plaidoyer et sa demande pour l’amendement de cet article et l’abrogation de toutes les restrictions à l’exercice des libertés individuelles, notamment d’opinion, d’expression, de conscience contenues dans la loi interne et lesconventions internationales ratifiées par l’Algérie ».

La ligue rappelle, dans la foulée, que dans la nouvelle constitution qui n’est pas encore en vigueur, « la liberté de conscience a complètement disparu dans le texte, gardant la liberté d’opinion et de culte contrairement à la constituante de 2016, pour ceux qui disent encore que cette constitution consolide les libertés individuelles ».

Durant l’année 2019, des centaines d’activistes du Hirak et des militants politiques ont été poursuivis et inculpés, selon les avocats et les juristes, sur la base de texte de loi datant de l’époque du parti unique. Des articles, maintenus toujours dans le dispositif législatif national, renvoient à des notions vagues et différemment interprétées, telle que« l’atteinte à l’unité nationale », « atteinte à la sécurité del’Etat » et « incitation à attroupement non armé ».

Malgré leur contradiction avec l’âme de la constitution, ces dispositions n’ont fait l’objet d’aucun amendement, 30 ans après l’avènement du pluralisme politique. Elles sont utilisées, aujourd’hui, pour accentuer la répression sur la société.

Massinissa Ikhlef

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