Résolution du parlement européen : les sentinelles du pouvoir crient « à l’ingérence »

 

C’était prévisible. Les soutiens du pouvoir n’ont pas tardé à réagir à la résolution du parlement européen sur la situation des droits de l’homme en Algérie, adoptée jeudi dernier. Sans surprise, les premières réactions viennent du FLN et du RND. Mais une « nouvelle recrue » leur fait déjà la concurrence sur ce terrain. Il s’agit du parti Jil Jadid et son président Sofiane Djilali.

Ayant observé un silence des cathédrales suite au soutien affiché par le président français Emanuel Macron à son homologue, Abdelmadjid Tebboune, ces derniers ont procédé, depuis ce matin, à une véritable levée des boucliers. Ils crient « à l’ingérence ».

En effet, Sofiane Djilali qui a fraîchement intégré le cercle du régime, qualifie la résolution du parlement européen « d’humiliation pour le peuple algérien » et « d’ingérence dans les affaires internes du pays ».

« La résolution du parlement européen est un affront à l’honneur des Algériens et une tentative de mise sous protectorat de l’Algérie. Aux patriotes de protéger notre souveraineté. Le changement oui, le chaos non ! », estime-t-il dans un post sur sa page Facebook.

Outre ce parti, le RND qualifie de « fausses allégations » le constat sur la situation des droits de l’homme dressé dans la résolution du Parlement européen. «Ce type d’ingérence est susceptible de nuire aux relations entre l’Algérie et l’Union européenne car c’est une tentative de porter atteinte à la stabilité dont jouit notre pays par rapport à d’autres Etats européens », note ce parti, qui, rappelons-le, a été violemment chargé par les Algériens en raison de sa participation à la crise multiforme que traverse le pays.

Partie prenante de la même crise dont souffre l’Algérie, le FLN n’a pas également tardé à réagir en « qualifiant d’«odieuse ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie ». « Cette résolution est un copier-coller de la résolution de la honte émise par la même partie le 28 novembre 2019 dans une odieuse ingérence dans les affaires intérieures des Algériens, lesquels ont su répondre aux voix éhontées qui ont tenté de porter atteinte à leur souveraineté, en participant en masse à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 où une volonté populaire libre s’est exprimée, de l’aveu même des ennemis », estime encore cette formation.

Pour rappel, le Parlement européen a adopté, jeudi, une résolution urgente dénonçant les multiples atteintes aux droits de l’homme en Algérie et demandant aux autorités de respecter les engrangements internationaux de l’Algérie.

Massinissa Ikhlef

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