Suspendue depuis 1993 : Belkacem Zeghmati veut rétablir l’exécution de la peine de mort

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Il n’est pas Badinter qui veut. Ministre de la justice du président Français, François Mitterrand, Robert Badinter a réussi à le convaincre, en 1981, d’abolir la peine de mort au moment où 80% des français étaient favorables à son maintien. Près de 40 ans après cet exploit qui fait de ce juriste un exemple d’une véritable élite progressiste, un autre ministre de la justice, Algérien celui-ci, veut imposer le contraire. Et il n’est autre que , le garde des sceaux, Belkacem Zeghmati. Pour faire parler de lui, l’homme veut tout bonnement semer la mort.

En effet, le ministre algérien veut enterrer le moratoire de 1993 sur la peine capitale. Ayant entamé une sorte de campagne dans ce sens depuis plusieurs semaines, il le dit désormais ouvertement. Pour lui, « rien n’empêche l’Algérie de revenir à l’application de la peine de mort», près 30 ans après sa suspension.

S’exprimant, jeudi dernier à l’APN où il a été interrogé par des députés des partis islamistes, Belkacem Zeghmati estime «qu’il n’y a aucun empêchement, ni au niveau local, ni au niveau international, d’appliquer la peine capitale ».

«L’Algérie est libre et souveraine et la peine de mort sera appliquée, en cas de nécessité », soutient-il.

Belkacem Zeghmati se cache aussi derrière la souveraineté pour plaider en faveur d’un éventuel retour à l’exécution de la peine de mort.

« L’Algérie est un Etat souverain et libre d’appliquer la peine de mort. Il n’y a aucun empêchement, ni au niveau local, ni au niveau international, d’appliquer la peine capitale, en cas de nécessité », dit-il.

Poursuivant, le ministre tente de faire croire à l’opinion, que cette question relève exclusivement de la souveraineté du pays. « La législation nationale, notamment en son volet pénal, est l’une des caractéristiques de la souveraineté nationale car ayant un lien direct au maintien de l’ordre public, un exercice de souveraineté », explique-t-il.

Pour argumenter, il a dira que « jusqu’à ce jour, l’Algérie n’a signé et n’a ratifié aucun accord ou convention ou traité internationaux interdisant le recours à la peine capitale, qu’il s’agisse de législation ou d’exécution ».

Selon lui, même la recommandation de 2007 de l’Assemblée des Nations unis « n’est pas contraignante car étant une obligation morale et éthique uniquement ». Le ministre de la justice fait mine ainsi d’ignorer que la nouvelle constitution contient un article consacrant le droit à la vie.

Plus de 146 pays, dans le monde, ont aboli la peine de mort dans la loi ou dans la pratique, dont l’Algérie. Pourquoi Belkacem Zeghmati veut-il changer cette donne.

Massinissa Ikhlef 

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