Direction de la culture et des arts de Tizi Ouzou : Lancement du 1er concours de Poésie « Si Moh Ou Mhand »

 

A l’occasion de la commémoration du 115e anniversaire de la disparition du grand poète d’expression amazighe, Si Mohand Ou Mhand et du 103e anniversaire de la naissance de l’écrivain et anthropologue, Mouloud Mammeri, la Direction de la culture et des arts de la wilaya de Tizi Ouzou organise le 1er Concours de poésie, célébrant la mémoire de ces deux illustres enfants de la ville des Genêts.

Organisé en collaboration avec l’association culturelle « Mouloud Feraoun », ce concours qui a pour thème « De Si Moh Ou Mhand le poète, à Mouloud Mammeri l’amusnaw (le savant) » est ouvert à tous les amoureux des vers, aux poètes d’expression amazighe qui ont jusqu’au 31 de ce mois pour transmettre leurs œuvres, sous format vidéo, sur un support électronique (CD, DVD, Clé USB) ou par envoi à l’adresse émail de la direction de la Culture et des Arts (dcto15@gmail.com).

Surnommé « le poète errant », Cheikh Si Mohand Ou Mhand a vu le jour entre 1840 et 1845 à Icheraïouen. 

Dès le jeune âge, il connaît l’exil. Après la pacification de la Kabylie en 1857, le général Randon fait exproprier les habitants de leurs terres, fait raser le village d’Icheraïouen et fait bâtir à la place, Fort-Napoléon qui deviendra Fort-National (Aïn El Hammam). A la suite de ce terrible épisode, les parents du jeune Mohand partent s’installer à Sidi Khelifa, petit hameau près d’Akbou.

Le jeune homme se destine à des études en droit musulman mais l’insurrection de 1871 bouleverse ses plans d’avenir.

Suite à une succession de drames familiaux (l’assassinat de son père, la déportation de son oncle,…), il reçoit une petite part d’héritage qu’il va vite dilapider. Démuni et « libéré de tout et de tous », comme l’écrira Mouloud Mammeri, il va désormais mener une vie d’errance.

Errant au gré de ses humeurs, de ville en ville, et de village en village, toujours guidé par la voie du vers et du verbe, il sera le témoin d’une société en prise aux affres de l’injustice, de la misère et du dénuement.

Il déclame ses isefras face à un auditoire qui se reconnaît dans chacun de ses mots. Et même s’il ne répète jamais aucun de ses poèmes, la culture populaire s’en chargera, préservant de l’oubli et de l’aliénation de la mémoire le précieux legs du poète troubadour.

Amar Boulifa sera le premier à publier en 1904 un recueil de poèmes de Si Mohand Ou Mhand.

Décédé un an plus tard, le 28 décembre 1905 à Michelet, Si Mohand Ou Mhand rentrera définitivement dans la postérité grâce à l’intérêt que lui manifesteront d’autres intellectuels kabyles, à l’image de Mouloud Feraoun en 1960, Mouloud Mammeri en 1969, Larab Mohand Ouramdane en 1997 ou Younes Adli en 2000.

Kahina A.

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