Économie de la nouvelle Algérie : effets d’annonce et bricolage

 

La réaction du ministre de l’industrie à l’arrêt de la production de l’ENIEM symbolise à elle seule l’indigence de « la politique économique » de la nouvelle Algérie. Les apprentis-tecnocrates réduisent la place d’une entreprise structurante a des opérations comptables détachées de l’environnement économique qui a prévalu durant vingt ans !

« Tout technique », la façade technocratique qu’on veut donner a un gouvernement brinquebalant est en réalité au service de gestions politiques les plus désastreuses en absence d’un cap politique et économique cohérent. l’Algérie fait de l’économie pour l’économie comme on fait de l’art pour l’art.

Les choix économiques sont une émanation des choix politiques. La technocratie de l’exécutif est un leurre, pour ne pas dire un grand mensonge.

Le cas de L’ENIEM n’est pas isolé, beaucoup d’entreprises algériennes publiques et privées sont en difficultés, et d’autres ont fermé pour les mêmes raisons évoquées dans la situation qui a provoqué le chômage technique dans une entreprise à laquelle on a créé une concurrence avec de multiples avantages et dont le produit reste compétitifs en terme de rapport qualité/prix.

La lettre de crédit dans les transactions commerciales à l’import instaurée par un des nombreux gouvernements d’Ouyahia en vue de combattre l’endettement extérieur a fait perdre aux banques algériennes leur principale raison d’être.
Ces dernières ont perdu leur statut de partenaire, elles sont devenues des chambres d’enregistrement des transactions de leurs clients.

Décrocher des paiements à terme en international fait partie aussi de la performance managériale, alors que la procédure obligatiore de la lettre de crédit empêche les entreprises d’accéder à cette prouesse. Ouyahia est en prison et les opérateurs économiques algériens publics et privés continuent de subir les conséquences de sa gestion arrogante et irrationnelle.

Ajoutons à cela la lourdeur de la procédure douanière qui rend la tâche de maintenir la régularité des chaînes de production des usines nationales pratiquement impossible.
Il est de notoriété publique que notre industrie est totalement dépendante de l’importation de la matière première.

La performance managériale est aussi dans la gestion rationnelle des stocks.
Aucune entreprise au monde ne peut conjuguer rentalité et stockage de longue durée. L’acheminement des matières à transformer est une phase dans le processus de production qui doit être réalisée dans son temps pour rentrer dans le coût de revient.

Le ministère public, les douanes et les banques sont appelés à réduire au moins les délais des opérations d’importations et cet exercice n’a pas besoin « de milliards sans résultats ».

Pour le reste, la construction d’un tissu industriel suppose volonté politique, vision à long terme et surtout choix politiques souverains issus d’un pouvoir qui s’appuie sur la volonté populaire librement exprimée. Dans le cas contraire, quand un Ouyahia part d’autres le remplace.

Moussa Nait Amara

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