- Advertisement -

La couverture du retour du chef de l’Etat : Une autre preuve de la privatisation de l’Etat

Après deux mois d’hospitalisation en Allemagne, loin du plus performant système sanitaire de toute l’Afrique et de la région MENA ( selon Tebboune), le chef de l’Etat revient enfin au pays, au grand bonheur des apparatchiks du système et de l’infime minorité qui a participé au référendum de son projet constitutionnel rejeté par le peuple Algérien.

Durant son séjour sanitaire sur les terres germaniques, des rumeurs et supputations les plus folles et des plus incrédules ont circulé sur la nature de sa maladie. Certains sont même allés jusqu’à le mettre en bière en attendant la confirmation officielle de son décès et l’annonce des funérailles. Et biensûr, toute cette littérature s’est faite au détriment de l’Etat Algérien qui mérite meilleure presse.

Il faut en convenir : les auteurs de ses posts, publications et lives n’auraient trouvé telles grains à moudre si les responsables de la communication officielle ont su informer le peuple de façon juste, continue et réelle sur l’état de santé du chef de l’Etat et son évolution.

Deux mois de faillite caractérisée en matière de communication n’ont apparemment pas suffi aux responsables, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement en premier, de tirer les conclusions et tenter, par conséquent, de corriger l’angle d’attaque.

Le retour du chef de l’Etat aurait pu être une occasion en or pour se réconcilier avec la bonne, utile et rassurante communication avec son peuple. Ce dernier a le droit constitutionnel et moral de tout savoir sur l’état de santé de celui qu’on a désigné pour parler, décider et agir au nom de son Etat national. Mais les chargés de communication ont encore une fois botté à coté, loin des standards démocratiques.

Le chef de l’Etat est monté dans l’avion à Berlin et en est descendu sur un tarmac militaire à Boufarik. C’est l’information officiellement servie. Mais le peuple ne sait plus comment et par quel moyen a-t-il fait le deplacement. Sur civière, sur fauteuil roulant, en béquilles, en s’appuyant sur l’épaule d’un compagnon de moindre taille ou en marchant sur ses pieds ? Même en recevant ses hôtes dans son salon présidentiel, l’ENTV n’a pas montré le chef de l’Etat debout comme fut le cas du temps de l’avant Covid-19, lorsqu’il recevait les hôtes étrangers et les ambassadeurs en fin de mission ou présentant des lettres d’accréditation.   

Montrer ou pas le chef de l’Etat debout ou marchant n’est pas essentiel ni nécessaire en temps normaux, dira-t-on. Mais là, c’est tout à fait différent. Il s’agit de rassurer le peuple et le laisser se faire une idée fixe de l’état de santé exact du chef de l’Etat. Surtout en ces temps de grandes manipulations médiatiques et numériques. La preuve est qu’un plan, certes non souhaité par les responsables de la rétention d’information, révélant un pied droit emplâtré du chef de l’Etat, a relancé de plus belle les rumeurs et les extrapolations.

Pour l’écrasante majorité du peuple qui ne se reconnait pas, d’ailleurs, dans ce système morbide et qui rejette avec force la légitimité politique d’Abdelmadjid Tebboune et toute sa démarche, cette façon de communiquer est une autre preuve palpable que l’Etat Algérien est privatisé et géré telle une ferme familiale. Sinon comment expliquer qu’un groupe restreint d’initiés s’accapare à lui seul le droit à l’information sur l’état de santé du chef de l’Etat. Même du temps de Staline, une telle dérive dictatoriale n’a pas été osée.

Arezki Lounis

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d bloggers like this: