Le pouvoir crie au loup, le RCD montre la voie du Salut

Signe probant de la vacance du pouvoir au plus haut sommet de la pyramide : c’est le premier ministre, Abdelaziz Djerad, marchant sur les plates-bandes du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, absent du pays et de vue depuis un mois et demi, qui s’adjuge la voix de l’Etat et appelle à l’union sacrée des Algériens face à des dangers qui planent sur la nation.

Ce genre d’appel est, dans les conditions normales, un droit régalien duchef de l’Etat, imposé de fait comme premier responsable du pays et constitutionnellement ministre de la défense et chef suprême des Armées. Seul lui a, du point de vue du droit, ce pouvoir de convoquer la mobilisation générale.

Drôle de coïncidence, ce mélange des genres est commis le jour où le pays boucle une année, jour pour jour, de mandature présidentielle dont personne ne veut, hormis les tenants du pouvoir réel, leurs bras politiques véreux et leurs clients corrompus.

Les dangers extérieurs sur la nation et la sécurité du pays dont parle le régime par la voix de Djerad sont , à un certain degré, réels. Nous l’admettons et nous en sommes conscients. Mais le gros ver est dans notre fruit. Les tenants du pouvoir, auteurs de l’appel à l’union sacrée, doivent, eux aussi, l’admettre et en être conscients.

Le RCD, parti d’opposition dont personne ne peut ni n’a le droit de douter de sa ligne nationale et nationaliste rigoureuse, a prescrit hier, dans un communiqué, les matériaux nécessaires à la construction d’un vrai front intérieur, susceptible de faire face à tous les vents orientaux et occidentaux, et tenir debout quelque soit le sable qui meut sous ses pieds.

Il est capital de lire attentivement  l’ordonnance progressiste et passer à la thérapie d’urgence prodiguée avant que nous soyons tous, institutions et peuple, à l’article de la mort. Faut-il, dans ce cas, rappeler qu’une fois on y est, on en revient plus ?

Le RCD a, comme toujours, pris ses responsabilités nationales en indexant, à temps  et à juste mesure, la vraie voie du Salut. Au risque de nous prendre pour des rabâche-mots, celle-ci passe, qu’on le veuille ou non, par l’adoption illico presto d’une série de mesures d’apaisement telles que la libération immédiate de tous les détenus d’opinion, l’arrêt de l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, l’ouverture des champs politiques et médiatiques et le retour à la souveraineté populaire via la mise en route d’une phase de transition démocratique constituante dont la forme, les modalités d’exécution et les délais seront définis par consensus entre tous les courants, partis et composantes qui traversent la société Algérienne. Et inutile, cette fois-ci, de brandir le pathétique spectre des chocs idéologiques car, au fil de presque deux années de révolution pacifique, le peuple Algérien a sû démontrer par quatre qu’il a le génie créateur de se surpasser, ordonner ses priorités et définir ses objectifs communs. 

L’Algérie a les ressorts nécessaires pour passer le cap critique actuel pourvu que la volonté politique d’aller de l’avant existe en haut lieu. Toute tergiversation dans la prise de décision et toute velléité de continuer à imposer le statu quo risquent de saler davantage la facture nationale.

Il est beau de surprendre les dirigeants en situation d’admettre, enfin, que le Salut de la nation passe impérativement par l’union sacrée des Algériens, encore faut-il espérer qu’ils osent commettre l’essentiel en offrant à ces Algériens l’occasion historique de constituer, par eux-mêmes et en toute liberté, le noyau solide autour duquel ils vont graviter pour naviguer en toute sécurité dans ce cosmos géopolitique en profondes et continuelles mutations. 

Arezki Lounis 

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