Noël musulman

 

Mohamed Salah, le joueur égyptien de Liverpool, s’est fait copieusement critiquer pour avoir fêté Noël ! Ses pieuses et néanmoins démonstratives génuflexions sur la pelouse, après chaque but marqué, n’ont donc pas suffi à adoucir le courroux des gardiens du temple à son encontre ! En France, pour les mêmes raisons, un jeune musulman de 20 ans, enfant de policiers, s’est fait tabasser par un groupe de zombies de l’islam qui lui ont tendu un guet-apens afin de lui apprendre ce qu’est un vrai Rebeu (Beur en verlan) ! Pour ces lobotomisés, un Beur ne doit pas contrevenir au dogme islamique, peu importe qu’il soit de nationalité française ou qu’il soit parfaitement intégré dans la société d’accueil, de toute façon jugée mécréante et libertaire ! Ses origines, même lointaines, le condamnent sans possibilité de recours à rester dans le troupeau. Ce ne sont ici que quelques rares cas mis en lumière dans les médias.

Sinon, c’est maintenant un fait devenu coutumier que chaque année, vers la fin de décembre, des imams montent au créneau et vomissent, à coup de renforts de décibels, force imprécations et malédictions contre tous ceux qui seraient tentés de faire la fête aussi bien à Noël qu’au jour de l’an ! Les deux fêtes sont estampillées chrétienne pour l’une et païenne pour l’autre et l’islam ne les reconnait pas ! Il en interdit même la célébration. Du moins c’est ce que pensent les plus attardées des ouailles. Pourtant, Noël est censé commémorer la naissance du Christ, le prophète monothéiste le plus cité dans le Coran, et ne peut qu’ajouter de la spiritualité et de la tolérance aux musulmans qui ravivent son souvenir ! Malgré cela, seuls quelques islamologues, restés lucides et qui se comptent sur les doigts d’une seule main en Algérie, rament à contre-courant, parfois au détriment de leur tranquillité, voire de leur place dans la société. A tout coup, ils se font lyncher sur les réseaux sociaux par des hordes d’islamistes déchaînés, le plus souvent de diligence inférieure à la moyenne, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne comprennent même pas les enjeux de leur instrumentalisation dans le débat, ni de leur envoi au front.
Ces fêtes, qui ne cadrent pas avec la vision islamique de la société, sont accusées d’éloigner le musulman de sa foi et de l’égarer du droit chemin en semant la confusion et le doute dans son esprit par l’idolâtrie qui les sous-tend et les joies païennes qu’elles procurent loin des canons du dogme orthodoxe si cher aux conservateurs et radicaux de tous bords, mais aussi au pouvoir tout acquis aux thèses intégristes dont l’absolutisme rime parfaitement avec sa philosophie politique. Les islamistes reprochent, pas moins, aux chrétiens d’être des idolâtres qui accordent une place centrale aux idoles et aux images, ce qui, aux yeux de l’islam, relève du péché de l’associationnisme. Comme si l’Occident chrétien est moins évolué que le monde musulman et qu’il faille se garder de ses pratiques barbares d’un autre âge !

Il ne serait pas inutile que le monde musulman, dans sa totalité, se réveille à cette réalité amère qu’en matière de charlatanisme, d’idolâtrie ou de paganisme, les sociétés musulmanes n’ont rien à envier aux plus archaïques des sociétés humaines, ni d’ailleurs aux plus excentriques qui explorent et expérimentent toutes formes nouvelles de sensations fortes allant de l’exotisme religieux aux rites sataniques et païens en passant par l’ésotérisme de quantité de sociétés secrètes ! Le pire est qu’en occident, ces pratiques déviantes sont combattues de façon constante avec des moyens scientifiques et légaux alors que dans le monde musulman elles font partie intégrante de la norme sociale et que, par lâcheté et/ou calcul politique, les gouvernements en place laissent faire.

C’est ainsi qu’on a vu à Djelfa, un réfugié syrien mettre toute la population en émoi après avoir prétendu détenir un cheveu du prophète ! La dernière vidéo à faire le buzz sur les réseaux sociaux est celle d’un « cheikh » qui crachait dans les mains de gens qui se pressaient autour de lui pour se rincer le visage avec sa salive ! La roqia qui va, parfois, jusqu’à entraîner la mort du malade, la médecine prophétique qui se pratique au détriment de l’officielle, les diverses amulettes et philtres de préparation douteuse, les visites aux saints et les différents rites magico-religieux qui se pratiquent encore par processions entières, ouvertement ou dans le secret des arrière-boutiques, sont bien le fait des sociétés musulmanes qui accordent toujours et de façon absurde une place exagérée au miracle et aux manifestations surnaturelles et dont l’arriération se révèle être du pain béni pour leurs dirigeants ! Cela va, comme dans le cas du prétendu médicament antidiabétique « rahmat rebbi », jusqu’à l’adhésion de l’autorité officielle à la mascarade en participant à faire la publicité à un charlatan avec tout le risque que cela comporte sur la santé publique !

A ce propos, il est loisible de constater à travers l’Histoire qu’à chaque fois que l’islam a rayonné sur le monde, c’est lorsqu’il s’était ouvert aux autres religions et vivait en bonne intelligence avec elles. Les califes abbassides avaient des architectes et des médecins juifs et chrétiens, plusieurs fois des premiers ministres (vizirs) juifs et des joutes poétiques se déroulaient à la cour même de Bagdad entre lettrés des trois monothéismes ! En Andalousie, Cordoue, tolérante, resplendissait de mille feux sur l’Europe médiévale. Inversement, lorsqu’il était défait militairement, l’islam se recroquevillait et se refermait sur lui-même en imputant l’origine de son désarroi à une punition divine provoquée par l’affaiblissement de la foi dans la société ! Ces périodes sont généralement suivies de poussées de fièvre religieuse qui se traduisaient par un rigorisme étouffant, notamment pour les autres croyances chargées de tous les maux et qu’on obérait de nouvelles taxes et de restrictions les privant des droits les plus élémentaires, provoquant la fuite des gens de ces confessions – souvent des nantis et des lettrés – vers des cieux plus cléments accentuant du coup le marasme général. L’émiettement du royaume de Cordoue facilita sa prise par les rigoristes Almoravides qui enclenchèrent sa décadence. Ils furent à leur tour supplantés par les non moins radicaux Almohades qui éteignirent ce qui restait de lumières. Après la chute de ces derniers face aux rois chrétiens, ne subsistait plus que le petit royaume de Grenade, vassal de Ferdinand III, qu’il aida dans la conquête de Cordoue. La chute de Grenade en 1492 demeura une blessure ouverte chez tous les musulmans qui ne vivent plus que sur ces lauriers cueillis dans un passé lointain. Ils cultivent le rêve d’un retour de gloire en ne faisant rien pour renaître et incriminent, encore une fois, le manque de foi chez la oumma musulmane qu’ils identifient comme constituant le seul obstacle à leur retour en grâce et la seule source de leurs communs malheurs. De l’obscurantisme par excellence !

De ce point de vue, il faudrait ériger dans chaque pays musulman un mur des lamentations !
Pour conclure, la dynamique motrice des islamistes (qui entraînent tout le monde musulman dans leur sillage) est une spirale nostalgique orientée vers le passé. Leur fermeture sur l’autre et l’extérieur leur fait dédaigner le développement humain et scientifique pour se concentrer sur la vision d’un au-delà salutaire et compensateur des carence de ce monde, éphémère et tentateur, dont seuls les faibles succombent aux chants de sirènes !
Quoique cela, mes bons amis, si les fêtes musulmanes s’arrosaient, je les fêterais avec autant de zèle que toutes les autres ! C’est l’occasion qui fait le larron !

Joyeuses fêtes et bonne et heureuse année 2021 à tous !

Mohand-Ouïdir Boumertit

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