Bachir Tartag tire sur Gaïd Salah : « Le traitre c’est celui qui a décidé ainsi »

 

L’ancien patron des services de renseignement, Bachir Tartag, a profité du nouveau procès en appel dans l’affaire « de complot contre l’autorité de l’Etat et de l’armée » pour régler ses comptes avec l’ancien chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah.

«Comment puis-je accepter qu’à la fin de ma carrière, on m’accuse de complot ? Le traître, c’est celui qui en a décidé ainsi. Lorsque l’Algérie avait besoin de nous, on a donné tout ce qui était possible pour ne pas la laisser tomber durant les années 90’. Qui a parlé de complot ? Pensez-vous que le général Toufik puisse comploter ? Le vrai traître, c’est celui qui l’a dit…», lance-t-il, en répondant aux questions du juge.

Se présentant comme coordinateur des services de sécurité dépendant de la Présidence, il s’exprime sur la fameuse réunion qui a suscité la colère de Gaïd Salah.

«D’abord, en ce qui concerne la villa Dar El Afia, cette demeure dépend de la Présidence. Avant, elle dépendait du DRS (Département de renseignement et de sécurité). Lorsque ce département a été dissous, ses services ont été tous rattachés à la Présidence. Ils disent que je n’ai pas assisté à cette rencontre en raison de mon différend avec le général Toufik. Je n’avais aucun conflit avec ce dernier. Si j’avais envie d’y être, j’aurais été parmi les présents. Je n’arrive pas à avaler l’accusation de complot. La définition de cette accusation est très difficile. L’Algérie n’a connu qu’un seul complot. C’était en 1967…», déclare-t-il, en se référant là aussi au coup d’état avorté contre le président Houari Boumediene.

Il ajoute, dans ce sens, que « Saïd Bouteflika en tant que conseiller du Président lui avait demandé de préparer la villa Dar El Afia, qui n’a jamais été une résidence secrète ».

« Nos agents sont postés là-bas 24 heures sur 24 pour assurer la sécurité. Le conseiller devait rencontrer des gens, il fallait donc préparer les lieux. Saïd Bouteflika peut voir qui il veut. La garde a préparé la maison pour y recevoir Louisa Hanoune et le général Toufik, où est le problème ?», demande-t-il.

A la question du juge qui lui a demandé «pourquoi il avait refusé de venir à l’audience des deux précédents procès», Bachir Tartag s’explique. «Lorsque j’ai vu les chefs d’accusation, j’ai compris qu’il y avait un complot contre nous. Pourquoi suis-je venu ? Parce que les conditions ne sont plus les mêmes. Elles sont meilleures», dit-il.

Pour rappel, en dépit de son acquittement dans l’affaire de « complot », Bachir Tartag reste en détention à la prison militaire de Blida, car il est sous mandat de dépôt dans un autre dossier concernant la vente des sièges de la députation sur les listes du FLN en 2017.

Saïd Bouteflika aussi est transféré à la prison d’El Harrach après avoir été aussi placé en détention provisoire dans deux affaires : l’une concernant Tayeb Louh et l’autre porte sur la création de la chaîne El istimraria TV pour faire la campagne du 5ème mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

Massinissa Ikhlef

%d blogueurs aiment cette page :