Béjaia : indignation et interrogations devant le phénomène de la fermeture de routes

 

Le phénomène de la fermeture de route à Béjaia prend, ces derniers temps, des proportions alarmantes qui ont suscité l’inquiétude des citoyens.

La perturbation de la vie quotidienne dans cette wilaya par cette manière de protester devient de plus en plus sérieuse.

Ce phénomène mis en difficulté aussi le fonctionnement des entreprises de la région, notamment celles de la zone d’activités d’Akbou dont l’importation de la matière première pour leur production se fait via le port de Béjaia.

Lors de la dernière fermeture de la RN°26 qui date de jeudi 8 janvier 2021, des camionneurs transportant des contenaires ont été contraint de passer la nuit aux alentours du point de fermeture de la voie.

Il est important de relever que les motivations et les raisons de ces actions radicales sur les routes sont d’ordre social et relève de la gestion des projets de proximité.

La relation de leurs timings avec l’actualité politique et le laxisme des services de sécurité devant les populations qui préfèrent ce moyen de contester provoque des interrogations chez les citoyens de la région.

Pourquoi les routes et pas les sièges de l’adminstarion locale?

Pourquoi Béjaia?

Pourquoi la névralgique route nationale N°26?

Ceux sont là les deux questionnements qui reviennent assez souvent.

À la recherche des réponses des acteurs de differents secteurs de la région, nous avons approché des responsables politiques, des élus et des chefs d’entreprises.

Du côté des politiques, le président du bureau régional du RCD Mohamed Labdouci n’est pas allé sur le dos de la cuillère pour fustiger les représentants du pouvoir central.

« On ne peut pas protester et revendiquer son droit en privant l’autre même de sa liberté de circuler.

Ce phénomène cause des retombées très négatives sur le quotidien du citoyen et le développement de la wilaya.

Au-delà du désagrément et du blocage de la circulation des citoyens avec leurs urgences, malades…. et aussi des différents produits, l’activité économique dans la wilaya est sérieusement impactée directement ou indirectement.

Ces fermetures de routes, qui restent une forme d’expression pour des revendications légitimes dans plusieurs cas, expriment aussi ce manque de confiance, et mettent à nue, compte tenue que l’essentiel des revendications relèvent du sectoriel, la non-gestion de la wilaya et par le wali et par l’exécutif de l’APW.

Ces deux derniers, qui n’ont jamais pris au sérieux ce phénomène ni d’ailleurs les revendications de la population et l’intérêt du citoyen et de la wilaya, versent dans les fausses promesses et rajoutent de l’huile au feu avec leurs engagements non tenus »

M.Labdouci estime que « ce phénomène qui est sponsorisé parfois par les relais du système risque de mener même à la dislocation de l’union citoyenne entre les localités ».

Pour lui « cette manœuvre, dangereuse, est l’œuvre des ennemis de la wilaya et nous devons tous y faire face »

Pour le responsable de l’instance régionale du RCD, « nous devrions consolider nos actions et efforts afin de mettre fin à ce régime source de tous nos maux et d’imposer le changement du système, cela est seul garant d’épanouissement de nos localités. »

Du côté de la société civile, Riad Boukrara, activiste connu sur la place de Bejaia, estime que le recours à ce genre d’actions est dû au « manque de communication entre les responsables et le peuple ainsi qu’à la sourde oreille des autorités et leur mépris des revendications sociales « 

Tout en estimant que « l’acte lui même doit être dénoncé car le blocage d’une route pénalise le citoyen et non le pouvoir », M.Boukrara rappelle que  » ces fermetures à répétition prouvent que nous sommes une région marginalisée et ignorée par le pouvoir politique ».
Il termine par une interpellation des élus locaux auxquels il demande « d’assumer leur responsabilités ».

Au niveau des élus locaux, M.Rafik Aidli élu à l’APC de Sidi Aich rappelle que « la responsabilité de l’amplification de ce phénomène est celle du pouvoir central qui répond favorablement aux citoyens qui font recours à cette action radicale. »

L’élu du RCD à Sidi-Aich affirme dans la même optique que  » le pouvoir central mis des siècles pour libérer les sollicitations faites par les exécutifs en place mais il répond sur le champs aux doléances de ceux quu pratiquent le chantage de blocage des routes. ».

Pour M.Aidli, « il y a dans cette attitude du pouvoir une volonté de discréditer les élus locaux ».

Du côté des entreprises qui souffrent le plus de la généralisation de ce phénomène, la consternation est de rigueur.

Pour M. Larbi Bagdi directeur de l’entreprise des menuiseries Bagdi, l’un des principaux fournisseurs en éléments en bois et en PVC pour les chantiers AADL de Béjaia,  » il y a un l’impact économique négatif catastrophique ».

« Si je parle de mon cas, mes ouvriers arrivent au chantier chaque jour avec un minimum d’une heure et demie de retard et repartent avec une heure en avance. l’acheminement des marchandises finies vers les clients est un casse-tête chinois.

Quand on fait passer des camions remplis de 10 tonnes de marchandises par des routes secondaires comme celle de tifra ou Sidi Ayad,le coût de revient de la logistique devient insurmontable », précise M.Bagdi.

Pour ce jeune chef d’entreprise, il s’agit de la crédibilité des entreprises de la wilaya de Béjaia.

« Nos partenaires en dehors de la wilaya n’ont plus confiance pour la sécurité de leurs marchandises mais aussi pour le respect des délais de livraison dû à ce phénomène qui impacte sérieusement la réputation de Béjaia », s’insurge M.Bagdi.

L’alerte est lancée à tous les niveaux et par tous les citoyens de la wilaya de Béjaia.

N’est-il pas temps de ce concerter pour mettre fin à ce délire qui empoisonne la vie aux habitants de la région?

Moussa N.A

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