Guem n’est plus: « L’artiste Chaoui aux doigts d’or »

 

Musicien, percussionniste, compositeur et danseur, Guem était une véritable légende de la world music. Il avait accompagné plusieurs grandes figures du jazz et marqué la scène musicale internationale de son talent à tel point qu’il était surnommé « l’artiste aux mains d’or » ou « L’homme aux mille mains ». Ce grand artiste natif de Batna a tiré sa révérence vendredi dernier à Paris où il vivait et travaillait depuis plusieurs années.
Né le 9 mars 1947 à Batna, Guem, de son vrai nom Abdelmadjid Guemguem, grandit dans le quartier Smala. C’est là qu’il découvre la musique diwan et commence sa carrière musicale en tant que percussionniste au sein de plusieurs troupes musicales de sa région. Parallèlement, il mènera une brève carrière footballistique, jouant au Chabab Aurès Batna (CAB) et au Mouloudia Club d’Alger (MCA).
En 1966, il fait sa première apparition sur la scène musicale, lors d’un bal populaire en France. S’en suivent plusieurs séjours dans l’Hexagone avant qu’il se décide à s’y établir définitivement dans les années 1970. Engagé par le Centre culturel américain de Paris, Guem mène, à cette époque un début de carrière musicale en se produisant dans les bals et les cafés. Mais très vite son talent et son génie attirent sur lui les regards et les attentions. C’est ainsi qu’il sera amené à accompagner sur scène des jazzmen de haut acabit, à l’image de Steve Lacy, Michael Portal ou encore l’artiste Colette Magny.
Percussionniste hors pair, il entre en studio en 1973 pour enregistrer son premier album intitulé « Percussions africaines », suivi cinq années plus tard d’un second album coréalisé avec ses élèves du Centre culturel américain.
D’autres opus arrivent dans les bacs rencontrant un grand succès, tels que « Quand les percussions brésiliennes retrouvent leurs racines africaines» (1981), «Roses des Sables» (2003), «Mon Paris» (2011)…
Sa pièce musicale « Le serpent » sera également réenregistrée en 1996 pour le générique de l’émission « Ca se discute », présentée par Jean-Luc Delarue sur la chaîne France 2.
De Cuba au Brésil, en passant par Alger, Guem fera le tour du monde pour se produire sur les plus grandes scènes.
Guem a tiré sa révérence à l’âge de 73 ans, au terme d’une vie bien remplie. Le réalisateur Hamid Benamra lui a consacré un film intitulé « L’homme aux milles mains » dont la sortie est prévue vers la fin de l’année 2021.

Kahina A.

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