Saida Moulaoui coordinatrice régionale des femmes progressistes du RCD à Béjaia: « la violence contre les femmes déstabilise la société »

Ameslay : Nous assistons quotidiennement à des témoignages sur la violence contre les femmes, quelle est votre lecture sur l’amplification de ce phénomène? 

S.Moulaoui : La pandémie COVID-19 a contraint le monde à un confinement presque total. Un fait qui a obligé les  couples et les familles à rester plus de temps chez eux pour se protéger contre ce virus contagieux et tueur.

Hélas, cela a engendré une indéniable exacerbation des violences conjugales. 

Les données révèlent en effet une augmentation remarquable de plaintes et de poursuites judiciaires durant cette période de confinement. Les chiffres rapportés reflètent la réalité amère de ce que vivent les femmes, dans leurs propres foyers, en matière de violences autant physiques que psychologiques. Des violences qui n’épargnent évidemment pas les enfants.

Ce phénomène est dû essentiellement à la détérioration des revenus mensuels et de la suspension de plusieurs postes de travail suite à cette crise sanitaire. Un fait qui déstabilise la société en détruisant les familles et les individus.

La femme se trouve hélas devant un dilemme critique : garder le sang froid et laisser l’orage passer par souci de préserver le tissu familial ou réagir. Mais, à notre sens, elles ne doivent pas se taire, car le silence ne fait qu’accentuer cette violence ravageuse de la cellule familiale et du coup remettre en cause la citoyenneté à part entière de la femme.

Ameslay : Que doit-on faire pour remédier à cette situation?

S.Moulaoui : Le travail des collectifs et autres associations visant à venir en aide aux femmes battues est impératif.

Des organismes spécialisés doivent exister pour se charger de créer des centres qui ouvriront leurs portes à cette catégorie de femmes afin de leur prêter main forte ainsi qu’une oreille attentive.

L’élaboration d’une loi garantissant les droits des femmes battues doit intervenir d’urgence.

Sur le volet communication, la création d’une plate-forme numérique  contribuera à soutenir cette frange de la société en orientant les femmes et les familles qui souffrent de ce fléau.

Au delà de l’action, il faut retrouver la réflexion qui va permettre la réalisation d’un modèle d’une société nouvelle et moderne.

En effet, le combat aura tout intérêt à  réfléchir sur plus d’organisation au niveau des mecanismes qui militent pour les droits de la femme.

Le mouvement des femmes pour leurs droits est incontournable vu qu’elles sont les premiers cibles de l’agression et de la violence.

Politiquement, la question du statut de la femme doit être au centre du débat.

Au RCD, nous sommes clairs dans notre démarche. Nous revendiquons l’abolition pure et simple du code la famille et nous sommes le seul parti dont le président a assumé publiquement l’égalité en héritage entre la femme et l’homme.

Entretien réalisé par Moussa Nait Amara

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