Yennayer, entre réalité historique, mythologie et construction de l’avenir

 

La mythologie fait la grandeur de la Grèce, voici une réalité dont le consensus est assuré sans polémique, sans fetwa, sans halal et sans haram.

Rien n’est «khorafat» et rien n’est pêché quand ça se passe dans des contrées lointaines et pourtant la religion musulmane est partout dans le monde.

Dès qu’il s’agit de l’Afrique du Nord ou de l’Afrique tout court, les démons de la «haramisation» se réveillent au grand jour.

Mythe ou réalité, l’histoire de Chachnaq est ancrée dans la civilisation Amazighe et celle de l’Égypte antique. Elle marque cette Africanité qu’on veut effacer à tout prix.

L’histoire de l’humanité est construite sur des départs réels ou mythiques pour se référer et mieux s’organiser, et sur ce volet chaque civilisation possède ses propres références. Pourquoi donc celles Amazighes et Africaines fâchent autant une poignée de négateurs de soi et de résidus du déni identitaire qui refusent d’accepter la réalité de l’identité commune de l’Afrique du Nord ?

L’enjeu est beaucoup plus important que le doute qui puisse exister entre un mythe et une réalité historique. Une situation tout à fait dans l’ordre des choses, pour ceux qui savent écrire et lire l’histoire antique.

Il s’agit plutôt pour les mentors de ces négationnistes d’un véritable enjeu géostratégique. Ils savent pertinemment que l’histoire commune et l’identité commune sont le socle de la construction d’un avenir commun.

Yennayer qui représente un repère identique, à quelques détails de différence, de l’Egypte à l’Atlantique et d’Alger au Sahel, constitue le point de départ d’une réhabilitation certaine de Tamazgha dans une forme moderne pour pouvoir peser dans la recomposition de l’ordre mondial.

Voilà donc pourquoi cette représentativité de Chachnaq sur un large territoire fait trembler ceux qui sous-traitent la falsification de l’histoire au profit des monarchies du golf.

De notre côté, il ne s’agit pas de se glorifier subjectivement en terme communautaire mais il s’agit plutôt de projeter dans l’objectivité un avenir nord-africain et pourquoi pas africain tout court.

L’histoire c’est la fondation de l’avenir. Ne creusons pas autour des semelles de l’édifice de Tamazgha.

Ça relève de notre existence et feu Mouloud Mammeri a formidablement illustré le cas d’école des Aztèques.

Moussa Nait Amara

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