À l’ombre des  »zones d’ombre »

 

 

Lors de la session ordinaire de l’APW de Tizi Ouzou tenue le 21-12-2020, j’avais soulevé le flou qui entoure le concept barbare de  »zones d’ombre » et les critères de leur identification ainsi que l’origine des fonds pour leur prise en charge. Cheval de bataille de l’actuel chef de l’Etat et de son administration, ce plan rappelle étrangement le fameux plan fumeux de Soutien à la relance économique de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika.

 Vendu comme un plan spécial qui allait soulager les communes en difficulté en prenant en charge, sur un fond spécial, leurs déficits en terme de développement, la supercherie n’a pas tenue longtemps, comme on l’avait soupçonné.

Tout compte fait, il ne s’agit que d’un stratagème de plus qui a pour objectif le siphonnage des Plans Communaux de Développement (PCD) au profit de l’administration, en discréditant au passage l’action de l’élu local, pour transférer le mérite au profit de l’homme providentiel du régime.

Dans un courrier daté du 26 janvier 2021 (réf. 362/CAB/2021), faisant échos à une note de cadrage émanant du ministère de l’intérieur se rapportant à la mise en œuvre des PCD 2021, le wali de Tizi Ouzou saisit les chefs de Daïra et les instruit de réserver obligatoirement 70% du montant des PCD de chaque commune pour la prise en charge des projets figurant dans la nomenclature des zones d’ombre.

Non rassuré par le caractère frondeur de nos élus, le wali instruit les comités techniques de daïra d’examiner les propositions des communes pour veiller à l’application de cette condition sine qua non. Une instruction qui va à l’encontre des dispositions de la loi 11-10 du 20 juin 2011 relative à la commune qui fait de l’assemblée populaire communale le seul organe délibérant habilité et légitime à classer les priorités de développement de la commune.

Il a par ailleurs fixé la limite du programme à proposer à 30.000.000 DA au maximum. Un petit calcul rapide montre que la commune la plus chanceuse ne disposera en fin de compte que de la modique somme de 9.000.000 DA pour tenter de répondre aux impératifs du développement local et aux besoins des citoyens.

Même si sur le fond on est toujours dans une logique centralisée ou l’élu local est assimilé à un fonctionnaire qui devrait exécuter un énigmatique programme du président, il faut reconnaitre que contrairement à l’actuel locataire d’El Mouradia, l’ancien président déchu respectait plus au moins les formes, en dotant son propre plan par un fond dédié et qu’il avait plus au moins laissé aux présidents d’APC le soin de gérer leur PCD. 

 »L’Algérie nouvelle » de l’ancien système n’a rien changé à la matrice du logiciel de sa gouvernance, en sus du centralisme inopérant. Elle est maquillée de tromperie et de bricolage afin de berner le citoyen en lui donnant l’illusion du changement tout en discréditant sa représentation légitime.

Med Ameziane Acherfouche,

Elu APW Tizi Ouzou.

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