Reprise massive du Hirak : La raison d’Etat doit l’emporter

La répression policière a fait encore parler d’elle hier vendredi, à l’occasion du premier vendredi de la révolution après la rupture de la trêve sanitaire unilatéralement décrétée le mois de mars dernier.

Certains milieux militants paelent de 600 citoyens arrêtés, d’autres relèvent plus de 750 interpellations, le plus souvent musclées mais toutes arbitraires et illégales. Une vielle femme de 84 ans a aussi été raflé par la main lourde de la répression policière.

Certes la majeure partie des privés du droit constitutionnel de manifester pacifiquement a été relâchée le soir, mais l’arbitraire est fait et la dictature s’est exprimée.

Le recours à la privation des citoyens paisibles de leur droit de dire et d’agir dans les limites que requiert le droit ne peut s’expliquer que par la faillite du pouvoir en place et par son incapacité à trouver les réponses adéquates aux questions éminemment politiques que pose le peuple depuis février 2019.

Le choix du tout sécuritaire face à un peuple pacifique est symptomatique d’une panique générale au sein du sérail qui a perdu visiblement la confiance en ses moyens de diversion et de manipulation des masses.

Le pouvoir en manque flagrant de légitimité et privé de revenus pétroliers colossaux lui permettant jadis d’offrir la carotte, s’est résigné à sortir l’oukaze. Par ce sinistre choix , il donne, toutefois, la preuve par quatre qu’il est coupé des réalités nationales,au point où il n’a pas vu la peur quitter le camps.

La chute fracassante du mur de la peur enregistrée, hier vendredi, dans toutes les villes Algériennes et le retour massif des Algeriens au terrain de la contestation en scandant les mêmes revendications de changement radical doivent pousser les tenants du pouvoir à trouver un peu de sens et ouvrir les voies au changement tant souhaité. Ceci passe par l’ouverture des champs politiques et médiatiques, la levée des pressions sécuritaires et judiciaires, la libération de tous les détenus d’opinion sans distinction, la mise en place des instances de transition politique et démocratique que le peuple aura à choisir, le retrait de l’armée du champs d’action politique et se consacrer exclusivement aux missions sécuritaires qui lui sont dévolues.

Seul un retour à cette voie de la raison peut résoudre l’équation et permettre à la nation de relever les défis dans la sérénité, la clairvoyance et l’unité. Tout atermoiement n’est qu’une fuite en avant à coût incommensurable. Et les tenants du pouvoir endosseront seuls la responsabilité de l’échec s’ils venaient à prioriser le désir du pouvoir sur la raison d’Etat. 

Abdelhamid Laibi

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