Les premières moissons du Hirak

Que du bonheur ! Hier, il a plu des victoires sur les terres d’Algérie. Le pouvoir en place y a perdu deux grandes batailles décisives : celle de l’étouffement de la révolution populaire à l’intérieur et celle de la diplomatie à l’étranger.

Les centaines de milliers d’Algeriens sortis ce 107eme vendredi dans le pays, bravant l’arsenal repressif ostentatoirement déployé sur les routes et dans les rues de nos villes , signent l’écroulement total du mur de la peur et confirment la détermination du peuple Algérien à ne pas rentrer à la maison musette vide après deux années de révolution pacifique.

Le pouvoir a honteusement abusé de moyens anticonstitutionnels pour brimer les animateurs du Hirak et pacifier la révolution. Il a instrumentalisé la justice, mobilisé ses médias, actionné ses réseaux, engagé ses moyens répressifs, manipulé ses lois liberticides. Il a même réactivité les procédés d’Aussares de sinistre mémoire et osé l’absurde idée de déchoir les opposants de leur nationalité d’origine. Rien ne fut. Sa contre-révolution a lamentablement échoué devant la volonté du peuple à en découdre avec la tyrannie, l’imposture et la gabegie d’un système invité pacifiquement mais fermement à dégager.

À l’extérieur, le messe est dite par la bouche du porte parole du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. Le régime Algérien est sommé en termes clairs, et sans aucune précaution d’usage que requiert la bienséance diplomatique, à cesser la répression des hirakistes, de mettre fin aux atteintes aux droits de l’homme et à libérer immédiatement et sans conditions la trentaine de détenus d’opinion retenus encore dans les geôles du régime.

C’est un sacré désaveu diplomatique et un échec total de l’effort du régime à contenir la désapprobation de la communauté internationale. Jamais le régime algérien n’a été aussi sévèrement taclé et recadré par une instance aussi impartiale.

Le régime, sonné hier de bon matin par cet avertissement onusien, s’est très vite ramassé dans ses godasses en arrêtant la répression commencée pourtant avant la déclaration onusienne par l’arrestation du maire RCD d’At Bouyoussef et quelques hirakistes dont une avocate de Boussada. Militaire qu’il est, le régime a très vite actionné sa devise forte : Amre, Tabbaq ( ordre, applique ) !

Le retour en force du Hirak et le changement de ton dans le discours de la communauté internationale sont les preuves évidentes que le rapport de force a irréversiblement basculé en faveur du peuple face à un régime hautain, arbitraire et coupé des réalités du pays. Il suffit de le consolider dans les semaines à venir pour voir la parenthèse de l’indépendance confisquée enfin refermée. L’avenir appartient à la liberté. C’est son temps et c’est notre destin.

Arezki Lounis

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

%d blogueurs aiment cette page :