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Lettre ouverte à M. BELABBAS : Restez ! C’est une exigence de l’histoire, un devoir envers l’Algérie et le peuple.

 

La lettre ouverte est le chemin le plus court pour m’adresser à vous, M. BELBBAS. Je veux vous témoigner, ici, toute ma sympathie à l’homme politique que vous êtes. Une sympathie largement partagée par un très grand nombre de nos compatriotes au moment où les trahisons envers le peuple se compilent l’une après l’autre dans le palimpseste des forfaitures – le mot n’est pas trop fort – commises par nos élites des divers horizons, politique ou/et intellectuelle, souvent prisonnières d’un égo sans commune mesure, plus encline à la soumission pour certaines, à l’affairisme pour d’autres.

Lors du dernier Conseil national de votre parti, le RCD, dont je ne suis pas militant, vous avez annoncé votre décision de ne pas briguer un autre mandat à l’occasion du prochain congrès, prévu fin de l’année 2022. Cette décision vous honore, et, certes, acceptée par la base, considérant qu’il s’agit là d’un acte démocratique d’une grande symbolique, mais celle-ci laisse par ailleurs le goût d’une oeuvre inachevée. Une œuvre inachevée parce que intervient-elle dans un contexte où notre pays a besoin de tous les leaders ayant à coeur de voir l’Algérie s’arrimer à la modernité et au peloton inaccessible formé par les grandes nations.

Je ne vous connais pas personnellement M. BELABBAS. Mais beaucoup, comme moi, vous ont découvert dès après le déclenchement de la révolution du 22 février. Depuis lors, qu’il ventât, plût, neigeât ou fît beau, vous fûtes aux côtés des marcheurs par millions pour une Nouvelle Algérie et vers la rencontre du destin national contrarié, dévoyé par tant et tant d’années de falsification.

Vous avez définitivement sorti le RCD des « trocs politiques », tout en apportant de la clarté dans la confusion générale. Ce faisant, vous avez fait l’objet d’attaques abjectes, pitoyables – et ça continue encore – dont leurs auteurs, par l’effet boomerang, s’en sont sortis totalement discrédités. Tandis que vous, vous n’en finissez pas de gagner la confiance et le respect du peuple qui vous accueille en héros tous les vendredis. Cela fait des envieux.

Vous avez fait du RCD un parti démocratique où la voix du militant de base s’exprime et a le même poids que celui du cadre. Vous avez réussi à gommer cette étiquette peu glorieuse qui a toujours collé au RCD de secte dirigée d’une main de fer par un gourou au service de la police politique. Vous avez fait du RCD un parti rassembleur autour de valeurs et non d’accointances et de compagnonnage érigé en mode de gouvernance. Aujourd’hui le RCD et les valeurs qu’il porte ont redonné son sens à la politique, alors qu’il n’y a pas longtemps la distanciation sociale entre le peuple et la politique s’est distendue, formant un hiatus difficile à combler. Et ce sont les dirigeants des partis qui l’ont eux-mêmes instaurée.

Les attaques inouïes se sont multipliées ces derniers temps, venant des médias inféodés au pouvoir, c’est de bonne guerre ils sont dans leur rôle, mais aussi émanant, surtout les pires, d’anciens compagnons aujourd’hui au ban des accusés. Sans doute veut-on vous faire payer votre engagement dans la révolution populaire, et le fait de sortir le Rcd du ghetto kabyle, le propulsant au rang de parti à dimension nationale.

Et parce qu’on vous reproche votre choix de faire de la politique de façon moderne, basée sur le dialogue et non l’aparté et le monologue, imprégnée des vertus du compromis et non de l’indignité de la compromission, dans le respect de l’adversaire et non dans la diffamation et l’invective. Mais ce combat d’arrière-garde vous a renforcé et accru votre aura auprès du peuple qui n’est pas dupe. Qui, en effet, peut croire, entre autres coquecigrues, que vous auriez « pactisé avec Rachad »? Une ineptie, un délire, un mensonge, une duperie, une falsification qui revient chez vos détracteurs faute d’arguments. Mais qui, excepté l’escouade qui entoure vos contempteurs, ne convainc personne.

Alors, j’ai la candeur de croire que votre décision ne serait entérinée que si et seulement si la révolution du 22 février venait à vaincre, l’Algérie tourmentée accéder au statut d’une nation affirmée et démocratique dans son fonctionnement, sociale dans sa politique et résolument tournée vers l’avenir dans ses aspirations.

Je garde intacte l’espoir de vous voir encore à la tête de votre parti avec, bien évidemment, l’aval et le mandat que les militants ne manqueront pas de vous accorder. Car vous avez un rôle à jouer pendant et dans l’après-hirak. Comme le firent d’autres hommes d’État avant vous, tels De Gaule et Churchill quand leur pays respectif se trouvèrent dans la tourmente. Sans l’ombre d’un complexe, M. BELABBAS.

Dix ans de deux mandats ne font pas de vous un autocrate, alors, restez. C’est une exigence de l’histoire, un devoir envers l’Algérie et le peuple.

Youcef Karoui.

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