Affaire Tadjadit et ses amis : les avocats ripostent

 

Les avocats des activistes Mohamed Tadjadit, Soheib Debaghi, Malik Riahi, Tarek Debaghi et Khimoud Nourredine, ripostent. Après les propos du procureur général près la Cour d’Alger et la propagande médiatique menée autour de cette affaire, le collectif de la défense monte au créneau pour dénoncer « l’amplification de ce dossier à des fins douteuses ».

En effet, lors d’une conférence de presse animée, aujourd’hui à Alger, les avocats Abdallah Heboul, Yamina Allili et Nassima Rezazgui, sont longuement revenus sur l’attitude du procureur et la réaction de certaines chaînes de télévision privées.

Ils dénoncent d’emblée « la violation du principe de la présomption d’innocence » et « la volonté d’attenter à l’image et à la réputation des mis en cause ». « Le procureur général et des médias ont amplifié le dossier », affirme Yamina Allili.

Intervenant juste après, Me Abdallah Haboul s’attarde davantage sur les propos du représentant du parquet général. « Le Procureur général a affirmé que les prévenus étaient des repris de justice. C’est très grave, car les Mohamed Tadjadit et ses amis ont fait de la prison, non pas pour des actes de délinquance, mais pour avoir participé au Hirak populaire», condamne-t-il.

Selon lui, la simultanéité de la conférence de presse du procureur général et de la présentation de ces activistes devant le juge d’instruction n’était pas un fait anodin. « Il y a comme une volonté d’influer sur le dossier. C’est un précédent grave », dénonce-t-il.

Les avocats rejettent au passage les allégations de certaines chaînes de télévision privées qui ont accusé ces jeunes activistes de « déviation sexuelle » et « d’ouverture d’un lieu de débauche ».

« Ces accusations ne figurent ni dans le dossier de la justice ni dans le PV de la police », assure Me Yamina Allili.

Les chefs d’accusation, affirme de son coté Me Nassima Rezazgui sont : «Constitution d’une association de malfaiteurs », « diffusion de fausses informations pouvant porter atteinte à la sécurité nationale et l’ordre public», « atteinte à la vie privée de l’enfant », « exploitation de l’enfant à travers les réseaux sociaux dans des questions contraires à la pudeur », «incitation d’un mineur à la débauche » et « consommation de la drogue et des psychotropes ».

Mais pour les avocats, qui feront appel de la décision du juge d’instruction de placer les mis en cause sous mandat de dépôt, « ces accusations sont infondées ».

Massinissa Ikhlef

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