Droits de l’Homme : Amnesty International réclame l’abrogation des lois liberticides en Algérie

 

L’ONG, Amnesty International dresse un tableau noir de la situation des droits de l’homme en Algérie. Ayant publié, aujourd’hui, son rapport couvrant l’année 2020, l’organisation a mis l’accent, plus particulièrement, sur l’exploitation par le pouvoir de la crise sanitaire, engendrée par la propagation de Covid-19, pour accentuer la répression et promulguer des textes liberticides.

« Cette année encore, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des manifestant•e•s pacifiques, des journalistes, des militant•e•s et des citoyen•ne•s qui n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, dans le cadre du mouvement de protestation de grande ampleur connu sous le nom de ‘’Hirak’’ », affirme l’ONG, dans son document présenté, en Algérie, par Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International dans le pays.

Le rapport qui a porté sur tous les sujets en lien avec les droits et les libertés des citoyens, dénonce, notamment, le recours du pouvoir à des mesures attentatoires aux libertés. Le texte cite notamment la loi contre la publication des fake-news, utilisée pour réprimer toute critique de la gestion de la crise sanitaire. Selon Hassina Oussedik, le pouvoir algérien, comme c’est le cas dans de nombreux pays au monde, confond sciemment violation de la loi et le droit à la liberté d’expression.

L’ONG revient aussi sur les détentions arbitraires qui ont concerné des « manifestant, des journalistes, des militants et de simples citoyens, pris pour cible pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression.

« Toutes les personnes détenues simplement pour avoir exprimé leurs opinions pacifiquement doivent être libérées immédiatement et sans condition. Les autorités algériennes doivent rompre avec leurs pratiques répressives en matière de libertés fondamentales et réformer la législation nationale afin de garantir une justice indépendante et équitable pour toutes et tous », exige Hassina Oussedik.

Le rapport énumère également des cas de violence à l’égard des femmes, le verrouillage des médias et du champ politique ainsi l’expulsion de 17 000 migrants subsahariens. « De nouvelles mesures législatives ont encore restreint les droits à la liberté d’expression et d’association, en instaurant de lourdes sanctions pénales pour la diffusion de ‘’fausses nouvelles’’ et pour le fait de recevoir certains types de financements provenant de l’étranger », signale également Amnesty dans son rapport.

En déplorant cette situation, Amnesty International émet un certains nombre de recommandations adressées aux autorités. Elle réclame d’emblée l’abrogation de tous les textes de lois liberticides, la suppression des accusations vagues et élastiques dans la législation, la libération des médias, le renforcement de la protection des femmes et la révision de la loi sur les Associations.

Massinissa Ikhlef

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