Selon Amnesty International: « L’Algérie prône l’abolition de la peine de mort au niveau international »

 

Paradoxal, mais c’est une réalité. L’Algérie qui refuse de franchir le dernier pas vers l’abolition de la peine capitale, se montre favorable à cette option au niveau international. C’est ce qu’a relevé la directrice d’Amnesty International Algérie, Hassina Oussedik, à l’occasion de la présentation, aujourd’hui, du rapport annuel de l’ONG sur la peine de mort.

« L’Algérie prône l’abolition de la peine de mort au niveau international mais ne s’engage pas à sa suppression pure et simple au niveau national », déplore-t-elle, rappelant que l’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993 et qu’elle a voté en faveur de la dernière résolution appelant à un moratoire en vue d’abolir définitivement la peine de mort, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 16 décembre 2020.

Poursuivant, Hassina Oussedik appelle à franchir le dernier pas pour faire de l’Algérie un Etat abolitionniste à l’image de tous les pays modernes dans le monde. Sur le plan des condamnations à la peine capitale, la justice algérienne, selon le document de l’ONG, prononce de moins en moins cette sentence.

En 2020 la justice algérienne n’a prononcé qu’une seule condamnation à la peine capitale. «Amnesty International a relevé une nette baisse des condamnations à mort en Algérie. En 2015, l’organisation a recensé 62 condamnations, contre 50 en 2016, 27 en 2017, 01 en 2018 et 4 en 2019 », lit-on dans ce rapport.

Cette baisse significative du nombre de condamnations à mort dans le pays, estime Hassina Oussedik, est réjouissante. « Toutefois, nous regrettons qu’en 2020, encore une fois, l’occasion de la dernière révision de la Constitution n’a pas été saisie pour abolir ce châtiment cruel, injuste, inefficace et discriminatoire » souligne-t-elle, rappelant que l’article 38 de la nouvelle Constitution stipule que «le droit à la vie est inhérent à la personne humaine et doit être protégé par la loi».

Mais cet article, précise-t-elle, « ne garantit pas pleinement le droit à la vie et permet, dans les faits, le recours à la peine de mort conformément au Code pénal ». Concernant la situation à travers le monde, Amnesty déplore que le plus grand nombre d’exécution de la peine capitale a eu lieu au Moyen Orient et en Egypte.

« L’Iran, l’Égypte, l’Irak et l’Arabie saoudite sont responsables à eux seuls de 88 % des exécutions confirmées dans le monde en 2020. Le nombre annuel d’exécutions a triplé en Égypte. L’Iran est responsable à lui seul de 56 % de toutes les exécutions recensées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », lit-on dans ce rapport, qui relève cependant une « baisse de 85 % du nombre d’exécutions enregistrée en Arabie saoudite ».

« Pour la première fois depuis plusieurs années, Oman et le Qatar ont repris les exécutions », regrette aussi l’ONG, notant que « pour la troisième année consécutive, le nombre d’exécutions recensées dans le monde est le plus faible depuis 10 ans ».

Massinissa Ikhlef

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