Agression et viol d’enseignantes à Bordj Badji Mokhtar : « Innommable », dénonce Fetta Sadat

Les réactions à la énième agression et viol dont ont été victimes, dans la nuit de lundi à mardi dernier, dix enseignantes dans à Bordj Badji Mokhtar, à l’extrême sud du pays, continuent de tomber.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette lâche agression qui a visé des femmes, habitant seules dans une résidence pour enseignant et qui se sont sacrifiées pour inculquer le savoir à des Algériens résidants dans une région qui ne capte pas l’intérêt des éducateurs.C’est le cas de Fetta Sadat, secrétaire nationale chargée des droits de l’Homme au RCD.

Dans une déclaration rendue publique, aujourd’hui, Me Fetta Sadat dénonce « l’innommable qui a été de nouveau commis dans la wilaya de Bordj-Badji-Mokhtar prenant pour cible des femmes, enseignantes, de leur état ».

« En effet, dans la nuit du Lundi à Mardi 18 Mai 2021, une descente a été perpétrée dans un logement de fonction sis dans l’enceinte de la nouvelle école numéro 10 à 02 heures du matin, par quatre individus armés qui ont fait subir à ces femmes enseignantes, pendant 02 longues heures, en présence d’un nourrisson, les pires horreurs physiques et morales induites par un viol collectif », rappelle-t-elle.

L’avocate condamne, ce faisant, « des exactions de plus, des exactions de trop qui ciblent la femme ».

«Cet acte d’un autre âge nous interpelle par sa sauvagerie et pose avec acuité la fragilité lancinante du statut de la femme. Le phénomène de la violence multiforme qui touche les femmes, toutes catégories confondues, est un fléau social, un problème de santé publique dans toute sa dimension », lance-t-elle.

Selon Fetta Sadat, « il est impérieux de garantir à la femme un statut de citoyenne, de manière effective, pleine et entière ». « C’est un impératif incontournable pour la mise en place d’un Etat de droit et la préservation des droits et libertés », explique-t-elle.

Et d’ajouter : « Les pouvoirs publics doivent assumer leurs responsabilités quant à la préservation de la femme de toutes formes de violence et non pas se limiter à des déclinaisons de principe dans des textes juridiques, dont la loi fondamentale du pays, mais sans aucune effectivité ».

L’existence d’une volonté politique pour ce faire doit, ajoute-t-elle, «se concrétiser dans les faits et non pas se limiter à des dispositions virtuelles pompeusement consacrées dans la Constitution algérienne ».

« La question ne peut, non plus, se régler par la ratification de conventions internationales en la matière. Les pouvoirs publics sont, une fois de plus, interpellés quant à l’obligation qui pèse sur eux, celle d’assurer la sécurité des personnes et de prémunir la femme du phénomène de la violence », indique-t-elle, affirmant que « le martyre subi par ces enseignantes ne doit pas rester vain ».

« Les auteurs de ces abjects actes se doivent de répondre de leurs actes », explique-t-elle.

Massinissa Ikhlef

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