El Djeich fait un dur réquisitoire contre les demandeurs des droits sociaux

L’armée intervient encore une fois dans la sphère politique et donne sa lecture des mouvements sociaux qui se déclenchent en série dans plusieurs secteurs après que l’échec des politiques économiques et sociales du régime soit devenu une réalité vécue au quotidien. Elle crie au complot visant la stabilité du pays et avertit que la sécurité nationale est une ligne rouge. 

Dans un article paru dans la revue El Djeich, l’ANP montre un certain agacement face à la situation du front social, marquée par de nombreux mouvements sectoriels allant parfois jusqu’au débrayage.

L’armée refuse d’admettre l’échec du système en place d’apporter des réponses satisfaisantes aux demandes sociales, la revue de l’armée opte pour la stigmatisation en faisant croire que les «opposants au changement » « ont opté pour des méthodes basses, les plus importantes consistent en l’exploitation des problèmes professionnels des travailleurs pour propager leur venin », et «les grèves qui ont poussé comme des champignons, dernièrement, sont la meilleure preuve ».

« Plusieurs indicateurs prouvent que ce qui est en train de se produire s’inscrit dans le cadre des tentatives vaines et désespérées de déstabiliser la sécurité nationale, en embrasant la rue, en suscitant la colère du peuple, en poussant à davantage de congestion pour que la situation finisse par exploser, dans l’espoir d’entraver les prochaines échéances électorales », écrit El Djeich

Poursuivant son article qui épouse les formes d’un réquisitoire, la revue des militaires  juge que «l’entêtement de certains à tenir des grèves à un moment suspect est la meilleure preuve que ceci ne peut s’inscrire que dans une tentative à semer le trouble pour réaliser des objectifs et des intérêts qui ne vont pas dans le sens de l’amélioration de la situation professionnelle et des droits des travailleurs ».

Rappelant encore une fois la thèse du complot, la revue militaire souligne que « Tout ceci se déroule à un moment où notre pays est confronté à des menaces criminelles, orchestrées par des mouvements terroristes et racistes ayant déclaré leur haine envers l’Algérie ».

« Ce qui est certain, c’est que toutes ces manigances n’affecteront pas la conscience du peuple algérien, conscient des enjeux et qui refuse catégoriquement qu’on profite de sa situation sociale pour des marchandages à des fins douteuses », écrit encore El Djeich.

Prenant la défense de Tebboune que l’écrasante majorité du peuple Algérien estime désigné et imposé par l’armée, l’auteur de l’article soutient qu’il est impossible de tirer  « un jugement d’échec d’une étape dans sa première année », et que le président de la République élu n’avait pas de «baguette magique qui lui permettrait de transformer notre pays en Paradis du jour au lendemain ».
Prédisant que le peuple « ne donnera pas l’occasion aux perturbateurs de le prendre en otage », l’armée met en garde : « Que tous ceux qui tenteront de porter atteinte à la sécurité et à la stabilité du pays et des citoyens doivent savoir que la sécurité de l’Algérie est une ligne rouge à ne pas franchir. »

Arezki Lounis

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