Exigeant la réintégration de leurs collègues suspendus : les pompiers brandissent la menace de la démission collective

 

Les sanctions annoncées par le ministère de l’intérieur ne font pas reculer les agents de la protection civile. Ces derniers se montrent, en effet, plus déterminés à poursuivre la lutte pour la satisfaction de leurs revendications.

En effet, après la marche de dimanche dernier, les sapeurs pompiers ont organisé, aujourd’hui, des sit-in et des rassemblements à l’intérieur de leurs unités dans plusieurs wilayas du pays. Ces actions ont été organisées notamment à Alger, à Biskra, à Tizi-Ouzou, à Béjaïa, à M’Sila, à El bayadh, à Tlemcen et à Ouargla, avec la participation de centaines d’agent de la protection.

Les protestataires dénoncent notamment l’attitude de la tutelle qui a eu recours à la sanction pour mater ce mouvement « qu’elle a accusé de vouloir déstabiliser le pays ». « Nous accordons un délai de 24h00 aux autorités pour réintégrer nos collègues suspendus, sinon nous irons vers une démission collective », lancent les protestataires.

A Bejaia, les pompiers ont même organisé une marche dans les rues de la ville en réitérant leurs revendications.

Dans la wilaya de Biskra, comme on a pu le constater sur des vidéos, des éléments de la police se sont introduits à l’intérieur de la caserne, où les agents de la protection civile se sont rassemblés, pour tenter de mettre fin à l’action de protestation, comme montré sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux.

Cette intrusion a suscité de nombreux commentaires dénonçant cette atteinte au droit des agents de la protection civile à la manifestation.

Ce mouvement, rappelons-le, a commencé il y a une dizaine de jours. Après avoir tenu des rassemblements au niveau des wilayas, les «sapeurs-pompiers» ont tenté de marcher, dimanche 2 mai, vers la présidence de la République.

Empêchés par la police, ils se sont dirigés par la suite vers le siège de leur direction générale à Alger. Mais à la surprise générale, le ministère de l’Intérieur avait rendu public, le soir même, un communiqué dans lequel il a fait allusion à un «complot».

Le département de Kamel Beldjoud accuse « des parties », sans les citer, d’instrumentaliser les préoccupations socioprofessionnelles des agents pour des desseins politiques.  « Nourri par des parties servant des agendas hostiles à l’égard de l’Algérie, ce mouvement intervient au moment où la tutelle a procédé à l’examen des préoccupations socioprofessionnelles des affiliés de ce corps et à la prise en charge des revendications soulevées dans le cadre de la loi, comme affirmé par le syndicat national des agents de la protection civile publié le 29 avril 2021 », lit-on dans le communiqué du ministère de l’intérieur.

Le ministère a annoncé, lundi soir, la suspension de 230 agents de la protection civile ayant pris part à ce mouvement, tout en menaçant d’engager des poursuites judiciaires contre eux.

Massinissa Ikhlef

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