Intimidation et harcèlement des journalistes en Algérie : « Inadmissible », affirme RSF

 

L’ONG, Reporter sans frontières (RSF) dénonce les intimidations et le harcèlement des journalistes algériens qui ont subi, ces dernières semaines, les pires traitements depuis au moins une vingtaine d’année : emprisonnement, interpellations, des cabales judiciaires et pressions financières sur les médias qui résistent.

«L’intimidation et le harcèlement que subissent les journalistes algériens dans l’exercice de leur fonction est inadmissible. Ils poursuivent leur mission qui est de publier des images et des témoignages », affirme Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord, cité dans un communiqué de RSF.

Reporters sans frontières, lit-on dans le même communiqué, « appelle les autorités algériennes à cesser immédiatement cette répression brutale, en totale contradiction avec sa Constitution et la Charte des droits de l’Homme ».
«Ces arrestations interviennent alors que les autorités algériennes tentent d’empêcher les manifestations dans le pays. Depuis le 9 mai, toute manifestation est interdite si elle ne bénéficie pas d’une autorisation préalable, délivrée à condition que les organisateurs communiquent leur identité, l’itinéraire de la marche et les horaires de début et de fin du rassemblement. Des conditions impossibles à respecter puisque les manifestations du Hirak n’ont pas de leader et qu’ils doivent régulièrement changer d’itinéraire pour éviter les cordons sécuritaires », dénonce

l’ONG, rappelons que l’Algérie figure à la 146e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

Le pays a perdu 27 places depuis 2015. Pour rappel, plusieurs journalistes ont été poursuivis et emprisonnés depuis 2019, dont Khaled Drareni. En avril dernier, c’est le correspondant du quotidien Liberté dans la wilaya de Tamanrasset, Rabah Karèche qui a été placé en détention pour ses écrits.

Vendredi dernier, à l’occasion de la 117e marche réprimée du Hirak, la journaliste de Radio M, Kenza Khattou, a été placée en garde à vue. Elle devrait être présentée, aujourd’hui, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed. Ce mardi également, le directeur de Radio M, El kadi Ihsane, risque de 02 à 5 ans de prison si les chefs d’accusation portés à son encontre sont retenus par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed suite à une plainte du ministère de la communication. A Oran, ce sont deux journalistes, Jamila Loukil et Said Boudour, qui passent devant la chambre d’accusation près la Cour pour examen des lourdes accusations d’appartenance à un groupe qualifié de terroriste malgré leurs démentis formels.

Massinissa Ikhlef

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