La violence contre les femmes est aussi contre-révolutionnaire

Chronique

 

Il est clair que le machisme sociétal résiste à l’épanouissement de la femme algérienne qui s’impose de plus en plus à tous les niveaux et dans tous les domaines de la gestion des affaires publiques mais l’émergence d’une véritable conscience politique qui se conjugue au féminin a contraint le pouvoir de fait à pratiquer un laxisme flagrant devant les violences exercées d’une manière récurrente contre la femme algérienne.

L’insécurité totale au niveau de l’école de Bordj-Badj-Mokhtar où des enseignantes ont été lâchement agressées est une preuve tangible de ce laxisme.

Puisque on y est, les services de sécurité dont la vocation est celle de protéger le citoyen sont occupés par la mission de réprimer les marches pacifiques.

À côté de son acharnement contre le pacifisme de la révolution du sourire, le régime algérien tremble aussi devant l’engagement sans faille de la citoyenne algérienne dans le Hirak.

Tout le monde s’accorde à dire que la révolution en marche depuis le 22 février puise sa légitimité de son caractère pacifique, et son qualificatif de civilisée de cette extraordinaire participation de la femme à toutes les marches du vendredi et dans toutes les grandes villes algériennes.

Le comportement exemplaire des marcheurs à l’égard de la femme est expliqué par de nombreux observateurs comme une avancée réelle du regard de la société à l’égard de cette citoyenne lésée dans ses droits les plus élémentaires par un patriarcat des plus tenaces, accompagné par un arsenal juridique qui fait de la femme une mineure à vie.

Cette attitude positive du Hirak qui traduit une évolution au niveau de la société concernant cette question primordiale dont le règlement est une condition sine qua non à toute émancipation politique et à tout changement n’est pas du goût du pouvoir.

Tout ce qui a tendance à déboucher sur une consécration d’un État de droit devient une cible pour le régime algérien.

La réinvention du terrorisme dans l’imaginaire de la police politique passe aussi par l’amplification de l’archaïsme qui stigmatise la moitié du peuple algérien.

La stratégie du pire est en marche et la question des violences contre les femmes est aussi politique que sociétale.

Moussa Nait Amara

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