Noureddine Benissad, président de la LADDH : « Les Droits de l’Homme fortement menacés en Algérie »

 

Le président de la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Noureddine Benissad, alerte sur la détérioration de la situation des libertés dans le pays. Dans un communiqué rendu public, ce mardi, il affirme que «l’heure est grave en Algérie!».

« Le pays traverse une période sombre et dangereuse marquée par la multiplication des atteintes aux droits de l’Homme et aux libertés individuelles et collectives. En choisissant de préserver à tout prix un statuquo intenable et en refusant d’entrouvrir les perspectives d’un changement démocratique désormais vital pour la préservation de la cohésion de la société, les tenants du pouvoir ont décidé d’aller vers une exacerbation de la gestion autoritaire de la société », lit-on dans ce communiqué.

Cette option, ajoute le président de la ligue, « foule au pied les engagements de l’Etat Algérien en matière de respect des droits et des libertés ». « Toutes les libertés sont désormais remises en cause dans le cadre de cette entreprise de restauration brutale d’un ordre périmé dont les Algériens, dans leur diversité, ne veulent plus », indique-t-il.

Noureddine Benissad rappelle dans la foulée que « ces dernières semaines ont été marquées par une aggravation sans précédent de la répression contre des citoyens engagés dans le Hirak : journalistes, étudiants et défenseurs des droits de l’Homme en sont les principales cibles. Les tribunaux et les prisons deviennent des instruments contre l’action citoyenne et contre toute pensée critique ».

« Des militants des droits humains, au parcours connu et respecté, sont ainsi poursuivis pour des accusations criminelles. C’est une évolution gravissime ! Il est de notre devoir moral et politique de mettre en garde contre la gravité de l’instrumentalisation de la justice et des dérives en cours. Il est de notre devoir de dire avec la plus grande force : Non ! Kaddour Chouicha, Djamila Loukil, Saïd Boudour, Kirra Mustapha et tant d’autres, ne sont pas des terroristes ! », insiste encore le président de la LADDH, affirmant que « le dernier communiqué du ministère de l’Intérieur sur les manifestations « est porteur de menaces ».

« Par cette sommation, le pouvoir veut remettre en cause les acquis du 22 février 2019 et empêcher l’expression pacifique dans l’espace public », dénonce la ligue.

Ce faisant, la LADDH alerte sur la grave détérioration de la situation des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives à la veille de la tenue d’un scrutin électoral contesté. « Elle affirme que rien, absolument rien, ne peut justifier ces attaques frontales caractérisées contre les principes des droits de l’Homme et la confiscation des libertés », lit-on dans le même communiqué, précisant que les aspirations du mouvement populaire sont légitimes.

« Un changement démocratique pacifique pour la consécration d’un État de droit garant de la dignité, des libertés et de la justice. Ces aspirations, portées historiquement par le mouvement de libération nationale, sont conformes aux principes et aux normes qui fondent les nations libres. La LADDH exprime sa vive inquiétude à l’égard de la réponse par la répression généralisée aux exigences formulées par le mouvement populaire dans un pacifisme exemplaire. C’est une démarche d’autant plus dangereuse que la situation socio-économique des ménages s’est fortement dégradée et que la situation financière du pays est critique », lit-on dans le même document.

Massinissa Ikhlef

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