Affaire d’Abderraouf Arslane : Rassemblements des avocats et boycott de l’activité judiciaire dans toute l’Algérie

Les avocats se mobilisent pour la libération de leur collègue de Tébessa, Maitre Abderraouf Arslane et…la défense de leur profession. Répondant à l’appel de l’Union nationale des ordres des avocats, les toges noires ont déserté, ce lundi 7 juin, les tribunaux et les cours du pays.

Un boycott massif qui démontre leur attachement au strict respect du droit de la défense. En effet, les robes noires ont tenu des rassemblements dans toutes les wilayas et ont appelé à la libération de leur collègue.

« Nous sommes tous Arslane », « libérez Abderraouf » et « la défense n’est pas un crime »… lancent les avocats qui se sont rassemblés devant la Cour d’Alger.

Dans une déclaration faite à cette occasion, Me Mustapha Bouchachi souligne la gravité de la situation. « Durant toute ma carrière, y compris pendant les années 1990, jamais un avocat n’a été poursuivi pour avoir exercé son travail. Même durant la période coloniale, les avocats algériens et français ayant défendu les moudjahiddine, dont Djamila Bouhired, n’ont jamais été inquiétés. Le régime politique Algérien veut terroriser les Algériens. Il a emprisonné des journalistes et des activistes, comme il tente de restreindre l’activité des partis politiques et des associations. Aujourd’hui, il veut franchir un nouveau pas en s’attaquant aux avocats, particulièrement ceux qui ont joué un rôle dans la continuité du Hirak. Et cela dans l’objectif de casser le collectif de défense des détenus d’opinion. Mais nous n’allons pas nous taire », dénonce-t-il.

De son côté, Maitre Saïd Zahi précise que Abderraouf Arslane est un avocat qui exerce dans la wilaya de Tébessa et qui a ses opinions et ses positions politiques. « Il a été arrêté pour ses opinions et il n’a commis aucun délit », déclare-t-il, condamnant la « violation du principe de la présomption d’innocence et l’article 123 du code de procédure pénale qui stipule que la détention provisoire est une mesure exceptionnelle ».

Abderraouf Arslane, rappelons-le, a été placé sous mandat de dépôt et accusé d’appartenance à « une organisation terroriste ». La décision de son incarcération, confirmée la semaine dernière par la chambre d’accusation près la Cour de Tébessa, a suscité une vive réaction du barreau de cette wilaya qui a décidé de boycotter les activités judiciaires jusqu’à la libération de l’avocat.

Massinissa Ikhlef

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