Législatives anticipées : le pouvoir et sa « classe politique » mis à nu

Le fossé se creuse encore davantage entre le pouvoir et les Algériens. En dépit des gros moyens mobilisés, des slogans pompeux sur un prétendu « changement » et le lancement d’un méga programme d’ANSEJ politique, les tenants du pouvoir n’ont récolté que discrédit et défiance.

Et pour cause, les électeurs qu’ils ont tenté d’amadouer, tout en agitant l’épouvantail du « terrorisme » et de la « main de l’étranger, ont fini par lui donner une nouvelle gifle qui pourrait, peut être, les secouer.

Les statistiques des législatives, hier, sont lourdes de messages politiques, dont les premiers sont adressés directement aux artisans de la feuille de route autoritaire du régime.

Ces derniers viennent de récolter un troisième échec successif en l’espace de moins de deux ans.Trois scrutins qui n’ont pas mobilisé un tiers des électeurs.

La flamme du Hirak que le régime tente d’éteindre, par la répression et la propagande, reste toujours allumée. Du 12 décembre 2019 au 12 juin 2020, le pouvoir n’arrive toujours à gagner la confiance des électeurs.

Les faibles taux de participation, malgré la dernière trouvaille du président de l’ANIE, Mohamed Charfi, sont synonymes de la disqualification du pouvoir qui prétend, pourtant, avoir « la majorité ».

C’est de la politique fiction. El « 3ors El Intikhabi (Fête électorale) » s’est avéré finalement une « djanaza (funérailles) » pour le régime et « sa classe politique », toutes tendances confondues.

Rameutés pour renforcer la contre-révolution et faire taire la voix du peuple libre, tous les sigles (16 partis) et la cohorte des listes indépendantes ont été réduits à se partager des miettes d’un corps électoral qui a tourné le dos aux urnes. Au grand maximum, 5 millions de voix sur 25 millions inscrits sur le fichier électoral. Ainsi, la future Assemblée populaire nationale (APN) sera peuplée par des indus élus qui n’ont aucune légitimité populaire.

Mais comme pour la présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum sur la révision de la Constitution du 1er novembre 2020, les tenants du pouvoir s’entêteront à maintenir la mise en œuvre de leur feuille de route. Quitte à aggraver encore plus la crise.

Massinissa Ikhlef 

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