L’islamisme du pouvoir est le père du petit Bengrina

L’islamisme en tant qu’idéologie est au pouvoir depuis belle lurette. La preuve de son intronisation sur le podium de la gouvernance est dans le code de la famille au niveau législatif, dans l’école et la justice au niveau institutionnel, et dans l’article 2 de la loi fondamentale du pays au niveau constitutionnel.

Le statut de mineure à vie réservé à la femme algérienne par une loi produite par le FLN, les programmes scolaires, les derniers procès d’inquisition pour protéger Abou Houraira sont des preuves tangibles qu’aucun autre islamiste ne pourra être plus islamiste que ce régime.

Une situation qui confirme que le spectre brandi à la veille de chaque mascarade électorale et la diversion idéologique pour mettre le peuple algérien devant le dilemme du choix entre la peste et le choléra ne sont que des leurres « D lhef ».

Il est tout à fait normal que le pouvoir s’adonne à ce jeu répétitif qui pollue et qui gangrène la scène politique nationale pour tenter d’imposer les conditions de son maintien. Mais qu’une certaine élite joue le rôle de la plume et de la voix de cette diversion d’une manière aussi récidiviste, il nous est permis de nous poser des questions sur la crédibilité mais aussi sur les motivations de cette attitude complice d’intellectuels dont le rôle est censé être celui d’accompagner le peuple dans sa quête de la liberté.

Pourquoi donc vouloir faire peur en brandissant l’option d’un fameux parlement islamiste à la Bengrina alors que le dernier président de l’APN est du parti du même Bengrina ?

Vouloir convaincre que le rejet du simulacre électoral du 12 juin est une porte ouverte à l’islamisme est de l’ordre du ridicule pour ne pas dire que c’est une caution à cette énième étape dans le processus de la reconduction du système.

Je croyais que la stupidité ne se conjuguait pas avec l’intelligence, mais il se trouve que l’équation est possible dans le cas où l’intelligentsia se met à cultiver le statu quo.

Mais le pire dans tout cela c’est que cet état de fait atteste que le changement dérange aussi certains de ceux qui ont tout compris mais qui préfèrent charger un Hirak aussi conscient que pacifique plutôt que de participer au triomphe d’un véritable État de droit.

Que veulent réellement ces intellos ?
Se venger d’un peuple qui les a devancés et qui les a placés devant le fait accompli, un certain 22 février 2019 ?

Ont-ils peur de la justice transitoire pour avoir été associés de près ou de loin au partage de la rente ?

Tant de questions légitimes pour essayer de cerner l’attitude d’une élite qui semble complètement dépassée par une « plèbe » qui excelle dans la rénovation de mots d’ordre qui traduisent une réelle volonté d’une rupture radicale avec le régime.

Un peuple qui a définitivement saisi que la rupture pouvant mener vers un État civil et de droit respectueux des libertés des uns et des autres, y compris celle qui permettra aux élites de produire, ne peut être que la rupture avec ce régime dans toutes ses composantes.

Heureusement que des forces vives de l’opposition politique et de la société civile accompagnent, tant bien que mal, les revendications de la rue et essayent de les transformer en plate-formes politiques.

L’expérience du PAD en est le cas le plus édifiant.

Moussa Nait Amara

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