Parlement suspendu, gouvernement démis : La Tunisie entame un nouveau virage politique

La Tunisie entame un virage dont on ne peut estimer à juste mesure les
conséquences du passage. Hier le président Kais Saied a gelé le parlement pour 30 jours, démis le chef du gouvernement Mechichi de ses fonctions et pris en main la totalité de l’exécutif. Des décisions prises en application de l’article 80 de la constitution, dit-il.

« Selon la Constitution, j’ai pris des décisions que nécessite la situation afin de sauver la Tunisie, l’Etat et le peuple tunisien », a déclaré M. Saied à l’issue d’une réunion d’urgence au Palais de Carthage avec des responsables des forces de séucirté. « Nous traversons des moments très délicats dans l’histoire de la Tunisie », a-t-il ajouté.

Cette évolution sur la scène politique Tunisienne fait suite à des manifestations monstres enregistrée ce dimanche 25 juillet, journée de la Révolution, où les Tunisiens, exacerbés par les chamailleries inlassables entre le président de la République et le président du parlement et chef du parti islamiste Ennahda, réclament la dissolution du parlement, la démission du gouvernement soutenu par les Nahdaouis et l’entame d’une phase de transition politique en gardant le président Saied en poste.

Lors des manifestations, les Tunisiens se sont pris aux locaux et symboles du parti Ennahda.

Rachid El Ghanouchi, chef de file de Ennahda, a qualifié les décisions du président d’illégales et dénonce un coup d’Etat contre la constitution et la révolution. Il promet que le peuple réagira à ce coup de force, sans préciser la forme de riposte.

Le président Kais Saied a appelé l’armée à riposter par une salve de balles à chaque coût de feu qui émane de quiconque. Après l’annonce des nouvelles mesures, le président est de descendu au boulevard Bourguiba, au centre de Tunis, sonder l’opinion. Des milliers de Tunisiens, hostiles aux agissements d’Ennahda, étaient dans la rue pour saluer les décisions.

La Tunisie enregistre cette évolution politique au moment où le pays fait face à une grave crise sanitaire marquée par le manque d’oxygène et un des pires taux de mortalité dû à la pandémie au monde avec 1800 morts pour 12 millions de contaminés. Les Tunisiens reprochent justement au gouvernement son manque d’anticipation dans la gestion de cette crise qui s’aggrave.

Nadia Mehir

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