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Affaire Slimane Bouhafs : « la Tunisie viole ses obligations internationales sur la protection des réfugiés »

Plus d’une trentaine d’organisations tunisiennes ont dénoncé, aujourd’hui, le kidnapping et l’extradition vers l’Algérie du réfugié Slimane Bouhafs. Ce dernier, disparu depuis plusieurs jours, a finalement été remis, selon certains médias algériens, aux services de sécurité et placé en garde à vue.

« Après que les organisations soussignées ont appris la disparition du militant politique algérien Slimane Bouhafs (54 ans) en Tunisie dans des circonstances mystérieuses, des témoins oculaires ont rapporté que des voitures avec des plaques d’immatriculation inconnues sont arrivées, le 25 août à son domicile et l’ont emmené vers une destination inconnue. Dimanche, les sites des médias algériens ont annoncé que Slimane Bouhafs a été remis par les autorités tunisiennes à leurs homologues algériennes, où il sera présenté devant la justice algérienne », souligne ses organisations dans un communiqué commun.

Selon les signataires, Slimane Bouhafs « est venu en Tunisie, où le Haut Commissariat aux Réfugiés lui a accordé le statut de réfugié sous le numéro 255-15C0059, valable jusqu’en septembre 2022 ». « La protection internationale que Slimane Bouhafs a obtenue impose aux autorités tunisiennes, signataires de la Convention de Genève de 1951 et son Protocole de 1967 et la Convention de 1984 contre la torture, de ne pas le renvoyer sous la contrainte », ajoute la même source.

Ce faisant, les signataires expriment, lit-on dans ce communiqué, leur « indignation devant le dangereux précédent créé par l’Etat tunisien qui a extradé un réfugié bénéficiant d’une protection internationale aux autorités de son pays, qui le poursuivent sur ses positions politiques ».

Ces organisation exigent des éclaircissements et appellent « l’État tunisien à respecter ses engagements internationaux dans cette circonstance délicate et à assurer la protection des droits humains et des droits des réfugiés ».

« Nous considérons que l’établissement de relations amicales avec un pays ami ne doit pas se faire au détriment du respect des obligations internationales qui protègent les réfugiés et les demandeurs d’asile et du respect du principe de leur non-refoulement et de leur non-extradition », souligne le communiqué.

Parmi les signataires, il y a la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme et le Syndicat Tunisien des Journalistes.

Massinissa Ikhlef

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