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Procès d’Ali Ghediri: le cas intrigant de Hocine Gasmi, alias Gouasmia

Usurper une identité, échapper à la prison, faire des affaires, investir le champ politique et accéder à la haute sphère du pouvoir. Ce n’est pas le scénario d’un film ou l’histoire d’un roman de fiction. Cela s’est passé en Algérie. Le héros est un personnage qui a su, on ne sait par quel miracle, tromper tout le monde, y compris les chancelleries étrangères en se faisant passer pour une personne influente.

Il s’agit du dénommé Hocine Gasmi, qui s’est baladé, des années durant, avec un pseudonyme « gagnant »: Hocine Gouasmia.

Sans aucun niveau scolaire, comme il l’a affirmé devant le juge à l’ouverture, ce mercredi 22 septembre, du procès du général à la retraite, Ali Ghediri, l’homme a eu un parcours pour le moins intrigant.

Appelé en premier à la barre, l’homme a révélé plusieurs détails croustillants sur le fonctionnement du pays et sur la gestion des affaires durant la fin de l’année 2018.

Selon l’arrêt du renvoi, lu par le président de la chambre criminelle près la Cour d’Alger, Hocine Gasmi a été condamné pour usurpation d’identité à plusieurs reprises (en 1976, 1982 et 1983). Cela ne l’a pas empêché de récidiver.

Lors de son interrogatoire, le juge lui rappelle « qu’après perquisition de son domicile, les services de sécurité ont récupéré un permis de conduire et une carte d’identité au nom de Hocine Gouasmia portant sa photo, alors que son nom est Hocine Guasmi ».

Ce n’est pas tout. Il a réussi à créer un parti : « Menbar Djazïr El Ghed » (Tribune pour l’Algérie de demain), alors qu’il était condamné dans plusieurs affaires.

Après avoir été militant du parti des «Nationalistes libres » entre 2004 et 2013, l’homme a réussi à créer ce nouveau parti et participer, en 2014, aux consultations organisées à la présidence de la République, en tant que responsable politique.

Ce pseudonyme, lui a permis aussi d’accéder à des responsables en « hauts lieux », dont l’ancien chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah qu’il dit « avoir rencontré avant l’annulation de la présidentielle du 18 avril 2019 ».

Son appartement, transformé en siège de parti, est devenu la destination préférée des anciens ministres, des hauts gradés attirés par un personnage qui a pu les berner.

Cette fausse notoriété lui a, visiblement, permis de rencontrer des ambassadeurs des pays étrangers, de voyager, de nouer des liens avec une israélienne et de créer …pas moins de 25 entreprises, tout en obtenant plusieurs lots de terrains, notamment à l’est du pays.

Ce n’est qu’à la fin de son audition que le faux Gouasmia a donné une information sur les raisons de l’arrestation d’Ali Ghediri. C’est lorsqu’il a raconté sa rencontre au centre de la sécurité intérieure « Antar » avec le général Wassini Bouazza, actuellement en détention. Ce dernier, dit-il, lui a affirmé « que nous ne voulons pas de toi en prison, notre objectif est d’atteindre Ali Ghediri et le général Toufik ».

Massinissa Ikhlef

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