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Amira Bouraoui empêchée de quitter le territoire national

L’enfoncement de l’Algérie dans la fange du non-droit se confirme au fil des abus et des violations récurrentes des lois qui devraient régir en principe la cité et ses citoyens. Cette fois-ci, la preuve de l’engagement du pays sur la voie de la dictature est l’abus de pouvoir qu’a subi, ce vendredi, la militante Amira Bouraoui dans deux séquences qui se sont suivies.

Sortant de chez elle pour rejoindre l’aéroport d’où elle devrait prendre un vol sur Paris, elle est interpellée par des policiers du quartier qui l’ont conduit au commissariat subir l’audition de routine. Les policiers ont enclenché toute une procédure, certainement sur ordre venu de quelque part, sans savoir de quoi elle retourne, di l’on se fit à la déclaration de la militante.

Relâchée, elle arrive à temps à l’aéroport. Mais là, un commandant de la PAF lui exprime le regret de ne pouvoir la laisser prendre son vol. Le plus grave est qu’il ne lui même pas expliqué s’il s’agit d’une ISTN notifiée par une juridiction ou un fait d’un prince tapis dans l’ombre de l’Algérie parallèle.

La militante Bouraoui, mise devant un fait accompli, rebrousse chemin et pond ce communiqué qui relate le détail de sa péripétie à l’ère de “ la pire Algérie”:

« J’avais un projet de voyage à Paris et j’ai acheté il y a deus semaines un billet pour ce vendredi à 11 h. Je me suis fait arrêté à la sortie de la maison le matin 8 h par la police de mon quartier à El Achour. J’ai demandé ce que je faisais au commissariat, les policiers étaient incapables de répondre.

Ils ont demandé une pièce d’identité et poser les questions habituelles de la filiation. J’ai été relâché sans explications au bout de trente minutes et j’ai pu gagner l’aéroport Houari Boumediene dans les délais pour l’enregistrement de mes bagages.

J’ai immédiatement ressenti un manège suspect autour de moi, notamment lorsqu’on m’a fait passer en premier dans la file d’attente. Une fois arrivée au guichet de la PAF un commandant s’est présenté devant moi et m’a déclaré « j’ai le regret de vous faire savoir que vous ne pouvez pas quitter le territoire nationale ». Le lieutenant qui tenait mon passeport n’avait même pas eu le temps de faire les vérifications sur son ordinateur.

Aucune autre explication ne m’a été donnée. J’ai du revenir à la maison, en laissant même mon bagage enregistré où se trouvent mes effets personnels, mes livres de gynécologie et un drapeau algérien. Le commandant de police ne m’a pas parlé d’interdiction de sortie du territoire nationale (ISTN) émise par le parquet à mon encontre.

Il s’agit d’un empêchement de circuler décidé par les services de sécurité que je dénonce de toutes mes forces. Cela fait trois années que je suis empêchée de poursuivre mon travail dans le secteur de la santé publique. Le harcèlement sécuritaire et judiciaire, ne changera rien à ce que je suis et ce que je veux pour mon pays ».


Arezki Lounis

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