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Boycott massif des locales : Échec d’une contre révolution

La énième tentative du régime de se couvrir d’un peu de légitimité populaire a encore échoué. Le peuple a massivement exprimé, et pour la quatrième fois de suite, son rejet total de la feuille de route électorale déployée par le pouvoir en place , mettant ainsi en échec et mat la contre révolution. 

La capitale, placée depuis des mois sous état de siège non déclarée, a enregistré le plus faible taux de participation jamais constaté depuis l’indépendance. La Kabylie qui mobilisait traditionnellement ses électeurs, lors des locales, à hauteur de 46 %, voire plus, n’a pas dépassé la barre des 20 %. Là encore, faut-il que les annonces de l’ancien ministre de la justice sous Bouteflika soient réelles.

C’est là, un message clair, net et précis d’un peuple qui exprime souverainement un refus catégorique de la politique du fait accompli.

Dans tout le pays, l’écrasante majorité du peuple Algérien ( deux tiers du corps électoral) a tourné le dos à la mascarade  organisée entre copains et coquins du système finissant. Le verdict populaire est sans appel : Les choix et visions de l’Algérie officielle et salonarde ne sont pas ceux de l’Algérie populaire et réelle .

La répression féroce des activistes, la fermeture des espaces d’expression et d’action devant l’opposition légale, l’interdiction aux voix libres et indépendantes d’accéder aux médias, l’alimentation de tensions régionales et bien d’autres faits de la dictature en place n’ont finalement pas pesé dans le choix des Algériens.

Il faut l’admettre. Le boycott massif des locales se veut, avant tout, un signe de fidélité aux revendications du Hirak dont le changement radical du régime via une phase de transition constituante reste le pivot central. Il se veut aussi une mise au point glaçante à ceux et celles qui disent que le Hirak est fini. Cette position révolutionnaire pacifique du peuple Algérien vis à vis des élections locales est une action du Hirak, et une bataille de plus dans la révolution en marche.

On le sait déjà. Dans quelques jours, le pouvoir déconnecté des réalités nationales et en déphasage total avec les défis de l’heure, installera ses assemblées impopulaires communales et de wilayas. Mais aura-t-il, pour autant, réglé l’équation, résolu le problème de la légitimité politique, offert au pays des institutions moins précaires ? Absolument pas. Le pays s’en sortira encore plus fragilisé, moins crédible et peu fréquentable. La force d’un pays est proportionnelle au degré de symbiose de ses gouvernants avec les aspirations de leur peuple. Un pays force le respect grâce à la légitimité et la crédibilité de ses institutions. Ce n’est présentement pas le cas de l’Algérie depuis au moins une vingtaine d’années, encore moins depuis les quatre dernières farces électorales.

En continuant à s’engager aveuglément sur la voie désastreuse de la politique du fait accompli, le régime fragilise davantage le front intérieur , et réduit drastiquement les chances de voir l’Algérie s’éloigner du gouffre de la faillite économique, sociale et culturelle où les mauvais choix l’ont menée. En croyant bâtir un État fort en s’appuyant, essentiellement, sur des débris ramassés dans la décheterie politique, les décideurs se trompent de résolution.

Le rejet massif de la feuille de route électorale doit être décodé et lu comme un appel de la nation en détresse à la raison. Les décideurs doivent se rendre à l’évidence que l’aventure de recyclage d’un système finissant a tourné au fiasco. Ils doivent se résoudre à écouter enfin la voix du peuple et être en phase avec l’histoire.

La phase de transition politique, démocratique et constituante est l’unique voie de Salut, le seul instrument de remise à niveau du pays, la seule opportunité de réconcilier l’Algérie avec elle-même. Tous les analystes sérieux en conviennent. Cette transition doit être purement Algérienne et uniquement pour l’Algérie démocratique et sociale. Le consensus national sur cette ligne est depuis toujours dégagée. Seuls le régime et sa clientèle feignent de l’ignorer.

Arezki Lounis

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