Que cache le silence du président ?

Après avoir bouclé une semaine de conflit faite de déclarations, de pressions tous azimuts et d’accusations réciproques, l’APN ne semble pas être engagée sur la voie d’apaisement. Pire, le conflit va vers plus de durcissement avec les dernières sorties médiatiques de Said Bouhadja, réservé jusqu’ il y a deux jours. Pourtant, la solution est toute indiquée par les députés du RCD : le respect de la constitution et les règlements juridiques qui cadrent les relations entre les députés et les différentes instances du parlement.

Le silence intriguant et l’inaction inexpliquée du président face au danger de paralysie qu’encoure le pouvoir législatif à la veille du passage de la loi de finances compliquent davantage la situation. La désertion présidentielle sonne comme un quitus offert à Djamel Ould Abbas de faire d’une institution de l’État, constitutionnellement indépendante, une arrière cour de son parti.

La présidence doit agir vite et dans le sens de rétablir l’ordre constitutionnel et juridique. Toute tergiversation ou partialité dans le traitement de cette crise qui cache des desseins partisans inavoués risque de porter le coup de grâce final à la crédibilité de l’État déjà trop entamée.

Il est politiquement incorrect et déontologiquement irrecevable ce silence pesant de la première instance du pays. Sauf si cette battue hors territoires constitutionnels est sonnée par la présidence elle-même et pour un gibier plus gros que la tête de Said Bouhadja.

Moussa T

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