Gaïd Salah a marché sur les platebandes de Tebboune le jour même de son investiture

La note fuitée de l’état major, largement diffusée dans les réseaux sociaux, révèle que le vice-ministre de la défense nationale et chef d’état major a gravement violé la constitution et piétiné sur les prérogatives du président de la république et celles des présidents du conseil de la nation et de l’assemblée populaire nationale. Son acte est l’expression manifeste de la mise du pays sous coupe militaire.

Dans la note adressée aux chefs de régions et divers services concernés, le chef d’état major demande la levée de l’état de siège décrété à partir du samedi 21 décembre 2019 à 12 h 00. Qui a décrété cet état de siège, quand et en quel qualité ?

La constitution Algérienne en vigueur malgré son viol cadre parfaitement les conditions et les parties habilitées à le décréter . Dans son article 105, il est mentionné clairement que l’état de siège est décrété « En cas de nécessité impérieuse ». Et c’est le président de la république qui « décrète l’état d’urgence ou l’état de siège, pour une durée déterminée et prend toutes les mesures nécessaires au rétablissement de la situation ». Et la décision présidentielle n’est prise qu’après consultation du Haut Conseil de Sécurité réuni, le Président du Conseil de la Nation, le Président de l’Assemblée Populaire Nationale, le Premier ministre et le Président du Conseil constitutionnel .

Le chef de l’état major  a décidé en solo la levée de l’état de siège. Ce qui induit que sa levée, son maintien ou sa prolongation dépend exclusivement de sa propre appréciation de la situation et de … son humeur. Or la constitution souligne dans l’article 105, alinéa 2, que « La durée de l’état d’urgence ou de l’état de siège ne peut être prorogée qu’après approbation du Parlement siégeant en chambres réunies ».

Le drame dans cette histoire est que le chef d’état major et vice ministre de la défense a pris la décision de lever l’état d’urgence le 19 décembre, soit le jour même de l’investiture du chef de l’Etat, constitutionnellement chef des armées et gérant exclusif des états de siège, d’urgence et d’exception.

Si Abdelmadjid Tebboune a réellement la carrure d’un chef d’Etat, garant de la constitution, respectueux de sa fonction et libre de ses décisions, il prendra la ferme décision sur cet abus caractérisé. C’est à l’aune de ces situations que les présidents prennent des galons de respect.

Arezki Lounis