Dégradation sociale entre L’économie écologique et l’écologie économique

La croissance exponentielle de la population mondiale et le développement technologique induit suscitent plus d’une question quant à l’avenir des ressources naturelles. Leur épuisement d’une manière drastique par les pays développés pour le maintien de leur niveau de développement et leur utilisation incontrôlée provoquant des conflits récurrents dans les moins avancées en quête d’un équilibre social représente un enjeu de taille qui menace l’avenir des générations futures. A nos jour le développement économique en est une tare du développement globale d’une nation mais dans la plupart des cas celui-ci n’est pas accompagné par une vision écologique dont on évalue sérieusement les différents impacts négatifs provoqués par les circuits de production gigantesques .Les rejets atmosphériques toxiques issus des complexes industriels, l’usage excessif des ressources en eaux, l’exploitation des énergies fossiles ne répondants pas aux normes d’hygiènes. L’usage des pesticides dans l’agriculture intensive représentent des menaces majeures pour la survie de la race humaine.

Face à cette problématique, nous essayons dans ce qui suit d’apporter une modeste contribution à une question d’actualité : le développement économique et social et l’écologie sont-ils conciliables ?

Au cours des dernières décennies, les deux grands mots «écologie et économie» ont été utilisés comme s’ils représentaient des préoccupations opposées.  Nous devrions être heureux de faire plus en matière d’environnement si seulement cela n’interférait pas avec le développement économique et avec la liberté des personnes et des nations de créer des richesses de toutes les manières possibles. Nous devrions être heureux également d’aborder les questions d’environnement si nous pouvions être sûrs d’avoir résolu le problème de l’injustice économique au sein des sociétés et entre elles. On a souvent eu le sentiment qu’il n’était pas approprié ou possible de s’attaquer aux deux ensemble, et encore moins de donner une priorité différente aux questions écologiques.

Mais cette séparation ou cette opposition a fini par ressembler à une erreur massive. On a dit : « L’économie est une filiale à part entière de l’environnement ». La Terre elle-même est ce qui contrôle en fin de compte l’activité économique car elle est la source des matériaux sur lesquels l’activité économique fonctionne. C’est pourquoi l’économie et l’écologie ne peuvent être séparées. Les retombées écologiques du développement économique ne sont en aucun cas un facteur exogène ; c’est un épuisement positif de la richesse réelle, du capital humain et naturel. Chercher à avoir une économie sans écologie, c’est essayer de gérer un environnement sans aucune connaissance ni préoccupation quant à son fonctionnement ou essayer de formuler des lois humaines en abstraction ou en ignorant les lois de la nature.

L’accès à l’eau risque d’être une cause majeure de conflits graves au cours du siècle qui vient de commencer. Mais ce n’est que l’un des aspects d’une situation qui ne cesse de s’aggraver. Inutile de dire que ce seront les pays les plus pauvres qui seront les premiers à subir les conséquences les plus dramatiques, mais le monde «développé» ne pourra pas s’échapper.

Il existe certainement des arguments sur les taux exacts du réchauffement de la planète, et nous ne pouvons pas prédire facilement les effets de certaines modifications de l’équilibre écologique. Il est relativement facile d’esquisser la gravité de notre situation ; pas trop difficile non plus de dire que les dirigeants devraient faire plus. Mais ces derniers dépendent des électeurs ; les électeurs sont des personnes comme nous qui ont besoin de motivation. A défaut ces décideurs sont beaucoup moins susceptibles d’agir ou d’agir efficacement. Il y a toujours quelques excuses pour ne pas agir et, sans un véritable mandat populaire pour le changement, nous ne pouvons pas être surpris ou outrés si le courage échoue et que les progrès sont minimes. Notre propre responsabilité est d’actionner cette motivation populaire et de donner du courage aux dirigeants politiques porteurs de solutions réalisables et efficaces Et cela implique de remettre en question et de modifier certaines des hypothèses qui nous régissent en tant qu’êtres humains.

L’une des raisons parfois avancées pour ne pas s’inquiéter des prévisions de catastrophe écologique est que nous sous-estimons les possibilités offertes par les nouvelles technologies. Mais faire appel à un avenir technique, c’est dire que notre droit le plus fondamental en tant qu’être humain est le choix illimité du mode de consommation. Pour défendre cela, nous devons mobiliser toutes nos ressources de compétences et d’ingéniosité, en introduisons les ressources d’autres domaines afin que nous puissions résoudre les problèmes créés par nos propres comportements.

En environnement, il y a une dimension qui résiste et nous échappe : réduire le monde à un entrepôt de matériaux à des fins humaines limitées revient donc à remettre en cause toute croyance sérieuse en une valeur humaine indestructible. Nous devons revenir constamment sur les types de structures et de sanctions susceptibles d’aider à modifier efficacement nos motivations et nos mythes. On pourrait imaginer, par exemple, une «charte» de droits en relation avec l’environnement – que nous devrions être capables de vivre dans un monde où il existe encore des espaces faunistiques et floristiques, qui ont toujours nourri une variété équilibrée d’espèces, et  nous ont  permis également de s’alimenter d’une manière naturelle et  non empoisonnée. Il se peut que le moment soit venu d’essayer d’en faire une déclaration complète, un nouvel engagement des Nations Unies – une «Charte des droits sur le capital naturel» à laquelle les gouvernements pourraient souscrire et par laquelle leur propre pratique et celle des pays dans les économies desquels ils ont investi pourraient être mesurés. Une première étape gérable, en particulier des émissions de carbone, soutenue par une large coalition de parties concernées, est bien entendu les propositions de contraction et de convergence initialement élaborées. Cela implique d’accorder à chaque nation un «droit à polluer» à un niveau convenu, compatible avec les objectifs de gestion et de limitation de la pollution atmosphérique. Les pays qui dépassent ce niveau devront payer des frais proportionnels sur leurs émissions excédentaires. L’argent ainsi collecté serait mis au service de pays à faibles émissions ou pourrait probablement être réinvesti dans des pays pauvres mais fortement émetteurs – afin de les aider. Dans le développement durable.

En l’espace de quelques années, le changement climatique est devenu l’affaire de tous. Le sujet doit donc être pris en compte dans toutes les politiques que nous menons. Les énergies renouvelables en donnent une bonne illustration. L’Europe – ou au moins quelques Etats membres – ont été parmi les premiers à investir dans des énergies alternatives, telles que l’éolien ou le solaire, et ceux qui ont misé sur ces technologies en recueillent aujourd’hui les fruits en termes d’emploi et de croissance. Il ne peut s’agir d’identifier une seule technologie, mais bien de développer tout un éventail de solutions adaptées aux conditions locales.

Déjà en 2005, le secteur des énergies renouvelables employait 1,4 million de personnes et générait une valeur ajoutée brute de 58 milliards d’EUR. L’importance du secteur varie fortement d’un État membre à l’autre. Les secteurs de la biomasse et des technologies éoliennes et hydrauliques sont actuellement les plus grands pourvoyeurs d’emplois en Europe.

À l’avenir, un nombre nettement plus élevé de personnes devrait trouver un emploi dans le secteur des énergies renouvelables, Des retombées positives sur l’économie en général sont également prévues. Cela s’applique en premier lieu aux « emplois verts », c’est-à-dire aux nouveaux emplois induits par le changement climatique.  Permettez-moi de dire que notre défi  et sa conséquence pour la politique d’emploi et la politique sociale – ne doit pas être réduit seulement au sujet du changement climatique. La politique environnementale ne serait plus une discipline à part et que son aspect serait intégré dans toutes nos politiques, sur ce je suis fortement convaincu que la politique environnementale ambitieuse ne peut pas réussir sans avoir une perspective sociale et le tout au service d’une économie durable

Parallèlement aux opportunités de développement que l’exploitation rationnelle de notre patrimoine naturel peut offrir aux générations futures, il y a l’impératif et l’urgence de s’organiser et de mettre le volet environnemental parmi nos préoccupations majeures pour une meilleure insertion de nos projets de développement dans la nature et ce   avant que la vague dévastatrice n’emporte le tout. A défaut d’une politique rigoureuse établie par les acteurs du domaine : scientifiques, mouvement associatif, politiques etc. … nous risquons en fin du siècle en cours vivre un vrai cataclysme caractérisé par quelque 150 millions de réfugiés dans le monde, manque accru des ressources en eaux, pollution excessive de l’air que nous respirons donnant ainsi naissance à des maladies graves et a des conflits entre nations.

En revanche ,la jonction des deux volets ‘’économie et écologie’’ peut être bénéfique pour la société si une complémentarité réfléchie est imposée à l’ombre de l’application rigoureuse des lois régissant l’usage des ressources d’une manière équitable et juste .Considérer aujourd’hui l’enjeu écologique au second plan par rapport au développement économique et social grandissant peut occasionner un recul dangereux de cette même économie du aux impacts négatifs auxquels ils faut y remédier sans oublier les conséquences dramatiques sur la santé publique. Il importe donc d’avoir à l’esprit que tout développement économique irréversible ne peut avoir lieu sans qu’il soit accompagné d’une vision écologique profonde et convenable.

Il est temps d’examiner sérieusement toutes les implications de cette situation. Nous devons commencer par reconnaître que l’effondrement social est une possibilité réelle. Lorsque nous parlons de crise environnementale, nous ne devons pas seulement penser à la spirale de la pauvreté et de la mortalité, mais aussi à des conflits brutaux et incontrôlables. Une économie qui ignore la dégradation de l’environnement invite à la dégradation sociale – en termes clairs, la violence.

Les campagnes politiques accordent rarement beaucoup d’espace aux questions environnementales ; Les gouvernements ont besoin de renforcer leurs engagements et ont besoin d’incitations électorales pour s’impliquer dans le genre d’aspirations internationalement reconnues Mais c’est parce que l’agenda écologique sera toujours vulnérable à la pression d’autres problèmes plus « apparemment immédiats ». Nous avons toujours besoin d’un arrière-plan régulier de sensibilisation et de petites actions engagées, nourries par une vision cohérente.;  La perte d’un environnement durable à l’abri de l’exploitation illimitée est la perte d’une humanité durable dans tous les sens – non seulement la perte d’une profondeur spirituelle, mais aussi la perte d’une stabilité matérielle. Il nous appartient, en tant que consommateurs et électeurs, de mieux rendre justice au monde dans lequel nous sommes invités.

 

             Ihden Idriss

Ingénieur d’état en hydraulique Urbaine

Gérant du bureau d’ingénierie et d’études techniques -Eden ingénierie-

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