Prévention contre les risques d’inondations: L’Algérie réfléchit enfin à une stratégie

Le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a annoncé, hier à Boumerdès, le parachèvement en cours d’une stratégie nationale pour prévenir les risques des inondations, à travers l’ensemble du pays.

“Les axes de cette stratégie, et les mécanismes de sa mise en œuvre seront annoncés prochainement”, a déclaré le ministre à la presse en marge d’une visite d’inspection d’un nombre de projets de son secteur dans la wilaya.

Necib a expliqué que cette stratégie, a été élaborée en partenariat avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, et de l’Union européenne, outre nombre de secteurs concernés, dont la société civile, a-t-il précisé.

Des experts nationaux et étrangers ont été mobilisés au titre de ce partenariat, pour la mise au point de cette stratégie nationale, dont la finalité consistera, selon M. Necib, à mettre son secteur au diapason des changements climatiques mondiaux et leurs conséquences, citant les inondations enregistrées dernièrement dans nombre de wilayas, a-t-il observé.

Cette stratégie passe par la réhabilitation, le réaménagement et le nettoyage des Oueds à travers le pays et la protection de leurs cours contre les constructions anarchiques.

Pourtant, les inondations de Bab El Oued de novembre 2001, étaient un avertissement assez fort pour les autorités sur la nécessité de préserver les cours d’eau, même secs, et d’empêcher que des constructions anarchiques viennent obstruer les lits d’oueds.

Cependant, force est de constater que les dernières intempéries, n’ont pas été brutales et mortelles à cause de leur intensité mais par la bêtise humaine qui a fait qu’on bouchait ou détournait allègrement les endroits de passages des cours d’eau.

Les dégâts humains et matériels importants occasionnés par les dernières précipitations ont été décortiqués par les experts. Selon eux, ce n’est pas forcément une pluviométrie exceptionnelle qui a occasionné des inondations dans plusieurs villes du pays.  En dépit du fait qu’il a plu beaucoup en très peu de temps, il convient d’aller chercher ailleurs les raisons d’une telle hécatombe.

Quatre facteurs ayant engendré ces lourds bilans sont pointés du doigt, au sommet desquels trône une anarchie urbaine imposante. Des projets importants d’ouvrages et d’infrastructures représentant «les enjeux» ont été érigés sur des sols non aedificandi ou des zones inondables plus précisément sur les berges des oueds et des cours d’eau et sur des terrains marécageux représentant «l’aléa ou le danger».

Les experts parlent aussi de l’absence de la prévention. L’inexistence d’une stratégie de prévention contre le risque inondation se fait tous les jours ressentir.

Il est relevé aussi l’absence de coordination entre les différents services concernés par l’intervention en cas de catastrophe naturelle. Ceci nous amène à parler du plan d’organisation des secours (ORSEC) qui n’existe réellement que dans les tiroirs des bureaucrates.

Enfin, les experts estiment que la loi 08/15 relative à la mise en conformité des constructions a permis de régulariser l’anarchie urbaine. En vertu de cette loi, des constructions illicites qui peuvent présenter un danger en cas de catastrophe naturelle ont été régularisés le plus normalement du monde à cause de l’absence de contrôle et de suivi de la part des agents de contrôle, de la police d’urbanisme, des inspections d’urbanisme et des services techniques.

Ramdane Yacine

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