Réconciliation algéro-française: La méthode Macron

Le président français Emanuel Macron vient d’inaugurer un nouveau style dans les relations algéro-françaises et plus spécialement en ce qui concernant son volet Mémoire. En effet, Emmanuel Macron a décidé de décorer une vingtaine de harkis une semaine après avoir reconnu la responsabilité de la France dans les tortures commises durant la guerre d’Algérie et la mort du militant anticolonialiste Maurice Audin, soupçonné d’avoir aidé le FLN qui combattait pour l’indépendance de l’Algérie.

Cette vingtaine de Légions d’honneur, c’est la première fois que cette catégorie de français d’origine algérienne a été distinguée.

Hier donc, vingt-six harkis et représentants d’associations de harkis ont été élevés au sein des ordres de la Légion d’honneur et du Mérite. Une décision dont se «félicite» Robert Ménard, maire de Béziers et partisan de « l’Algérie française ».

Le 13 septembre, le Président de la République avait demandé pardon à la veuve de Maurice Audin, jeune militant communiste arrêté par les parachutistes du général Massu le 11 juin 1957 —en pleine bataille d’Alger- et tué par l’armée.

​Emmanuel Macron  avait reconnu officiellement aussi le recours à la torture par les forces françaises durant la guerre d’Algérie. Un «moment historique» comme avait été qualifié par des militants français anticolonialistes.

Cependant, pour la majorité des Français, si le Président veut s’intéresser à l’Histoire, il doit la regarder des deux côtés et arrêter de sélectionner entre les mémoires. Il lui a même été reproché à un moment donné de choisir les français qui combattaient la France.

«Le Président va-t-il enfin s’intéresser à toutes les souffrances et reconnaître la responsabilité de l’État pour les Français d’Algérie, les harkis et les soldats disparus ou assassinés après les accords d’Évian?», s’est indigné le 13 septembre dernier un député de la droite française. C’est désormais chose faite avec le geste fait envers les Harkis.

Du côté français, on estime qu’au-delà de l’accent électoraliste de ces deux démarches, 7% de la population inscrite sur les listes électorales en France aurait une ascendance pied-noir. À cela s’ajoute les 1 à 2 millions de voix harkis estimées par Boaza Gasmi, le président du Comité national de liaison des harkis, dans une interview publiée hier dans Le Figaro.

Emanuel Macron, en mal dans les sondages en raison de la persistance de la crise économique et des certaines casseroles qui ternissent l’image de son gouvernement, aurait trouvé une vague idéale pour surfer dessus et avoir une meilleure visibilité politique pour son mandat.

Ramdane Yacine

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