Sit-in des députés frondeurs : Assisterons-nous à un simple baroud d’honneur ?

La crise à l’APN boucle sa deuxième semaine sans qu’aucun signal d’apaisement ne pointe à l’horizon. Pire, la nouvelle semaine qui arrive risque d’être celle de la surenchère de la part des députés frondeurs. Un membre du bureau politique et président d’une commission parlementaire, Si Afifi en l’occurrence, parle même d’un possible sit-in devant le parlement  et l’empêchement du président de l’APN d’accéder à son bureau. De son coté, Said Bouhadja crie à qui veut l’entendre qu’il ne cédera pas aux doléances de ses détracteurs qui « ne sont qu’une infime minorité ». » La majorité est avec moi », assure-t-il dans une interview accordée à TSA .

La direction du FLN, piégée par l’inattendue résistance de Said Bouhadja, va tenter le tout pour le tout durant cette prochaine semaine qui s’annonce houleuse. Surtout que le temps travaille en faveur du président de l’APN qui est renforcé par le soutien surprise de l’ONM, de l’association nationale des anciens condamnés à morts et bon nombre de Mouhafadhas de moudjahidines. Des bruits courent aussi sur un imminent ralliement de l’organisation nationale des Enfants de Chouhada à la cause Bouhadja.

Ce front de résistance au coup de force de Djamal Ould Abbas et Ahmed Ouyahia, qu’on dit liés par un deal de distribution du butin de « guerre anti-Bouhadja »,  perturbe sérieusement la direction du FLN et à un degré moindre le RND. Djamal Ould Abbas qui tonna à Béchar qu’il retirera dans les jours à venir la couverture politique au président de l’APN se découvre subitement ligoté par la position  de l’ONM, hostile à toute atteinte à l’intégrité morale de leur coqueluche du moment. Du coup, il a annulé la réunion du bureau politique qui devrait entériner son vœu d’éjecter son adversaire des rangs du FLN et s’est rabattu sur le seul plan qui lui reste pour sauver sa peau et sa crédibilité aux yeux de son clan : la surenchère. Des journalistes l’ont même aperçu mine défaite alors qu’il ralliait son bureau à Hydra.

Said Bouhadja, jusque là rassuré par la neutralité de la présidence, mise sur l’usure du temps et le travail de proximité que fournit sans relâche son cercle restreint pour venir à bout de cette levée de haine à son encontre. Mais jusqu’à quand peut-il résister ? La majorité est-elle réellement de son coté comme il le prétend ces dernières heures ? le sit-in prévu cette semaine est le dernier coup de baroud contre le président de l’APN. Ou ils sont réellement majoritaires et Said Bouhadja sera mis devant le fait accompli. Ou la majorité ne ralliera pas le sit-in et là, les frondeurs seront mis à nu. La présidence suivra, à coup sûr, ce choc prévu et sortira avec un avis définitivement arrêté.

La mascarade à laquelle se livre les deux clans des partis au pouvoir ne doit pas durer trop longtemps. Il y va de la crédibilité de l’État et de ses institutions.

Moussa T

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